22.735 demandeurs d’emploi ont quitté le Maroc, la politique du PJD mise à l’index

Au Maroc, l’évaluation des politiques de l’emploi, et plus largement des politiques sociales est à la traine. En cause, l’efficacité peu prouvée dans la gestion des budgets publics, fortes contraintes fortes de financement, et le déficit de la lutte contre le chômage.

Dans le contexte actuel, la pertinence des mesures existantes en faveur de l’emploi, tout comme des nouveaux dispositifs mis en œuvre, doit être pesée à l’aune de critères d’efficacité. Selon les chiffres officielles 22.735 demandeurs d’emploi ont gagné l’étranger à fin septembre 2019, contre 21.589 en 2018, enregistrant une hausse de 5,3%. La plupart de ces candidats «se sont dirigés vers l’Espagne» pour travailler «dans l’agriculture». Les individus qualifiés ne cessent de quitter le Maroc, et pourtant ils constituent une ressource rare qu’est le capital humain. Les migrations des cerveaux, elles, prennent une tendance de long terme dans un environnement international de plus en plus ouvert.

Concernant les opérations d’insertion réalisées par l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec), « cette dernière dévoile avoir traité 14.917 dossiers d’offres d’emploi au profit de travailleurs marocains à fin septembre 2019 (dont 98% sont des saisonnières) contre 15.623 enregistrées pour la même période de l’année dernière enregistrant une baisse de 4,5% » affirme la même source. Cette baisse « est attribuée au recul des offres d’emploi dans les pays du Golfe. Par pays, l’Espagne cumule à fin septembre 2019 le plus grand nombre d’insertions de demandeurs d’emplois marocains avec 14.618 employés, suivie des Émirats arabes unis (163), puis du Canada (100), du Qatar (28), de la France (4) et de l’Allemagne (2). »

«La grande majorité de ces employés exerce ses activités dans divers secteurs, notamment l’agriculture, la distribution, l’hôtellerie, la restauration, le commerce et l’industrie, l’enseignement ou encore la coiffure» détaille la même source, qui indique que pour ce qui est des opérations d’insertion effectuées via l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), «7.820 immigrés marocains se sont rendus en France à fin septembre 2019 contre 5.966 immigrés durant la même période en 2019 enregistrant une hausse de 31%. Dans le détail, 6291 saisonniers (dont 2.248 immigrés pour la première fois) contre 4.747 personnes en 2018, soit en croissance de 33%.»

Au-delà des seules politiques conjoncturelles de soutien de l’emploi, il s’avère qu’aucune réforme structurelle n’a été annoncée pour réduire le chômage à moyen terme, qui ne concernerait pas seulement le marché du travail mais aussi la régulation des marchés, les systèmes de formation, de recherche et d’innovation, etc. Les interventions publiques, depuis Yatim à Amekraz étaient peu probantes en matière d’augmentation du niveau d’emploi et/ou de réduire le niveau de chômage, en agissant sur le marché du travail par une stimulatin plus soutenue de la création d’emplois ou des facteurs d’encouragement de la recherche et l’accès à l’emploi.

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