Abus sexuels commis par des humanitaires : l’OMS prépare une feuille de route

L’Organisation mondiale de la santé, dont des employés se sont livrés à des abus sexuels en République démocratique du Congo, s’apprête à publier un plan d’action promettant une «tolérance zéro» à l’avenir, a-t-elle indiqué vendredi 15 octobre à l’AFP.

Les principaux pays donateurs ont mis la direction de l’OMS publiquement sous pression. Dans un rare communiqué, plusieurs dizaines de pays, dont les États-Unis et les membres de UE, avaient exigé «l’engagement total» de l’organisation et de ses dirigeants sur ce sujet.

21 employés auteurs présumés d’abus sexuels

Le patron de l’agence onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, leur a dévoilé son plan jeudi. «Hier, le directeur général a présenté le projet de plan de réponse aux États membres afin de recueillir leurs commentaires et leurs réactions», a déclaré l’OMS à l’AFP, en précisant que le document finalisé sera publié ces «prochains jours».

Le 28 septembre, une commission d’enquête indépendante a publié un rapport dévastateur pour l’OMS, qui établit que 21 de ses employés au moment des faits, parmi 83 auteurs présumés d’abus sexuel, ont commis de telles exactions contre des dizaines de personnes en RDC pendant l’épidémie d’Ebola de 2018-2020. Le rapport de la commission, dont la constitution n’a été annoncée par le Dr Tedros qu’après des révélations de l’agence The New Humanitarian et de la Reuters Foundation, dénonce des «défaillances structurelles» et des «négligences individuelles».

L’OMS, désolée

Le plan de réponse «présente des actions immédiates, à moyen et à long terme pour remédier aux défaillances identifiées dans le rapport», a indiqué l’OMS. L’organisation a expliqué que le document met l’accent sur plusieurs points visant «à placer les victimes au coeur de la prévention et des réponses apportées aux abus sexuels» et à «renforcer les responsabilités individuelles et de la direction».

Le document a aussi pour objectif de «réformer la culture de l’OMS, ses structures et ses systèmes, afin de créer une culture dans laquelle l’exploitation et les abus sexuels n’ont pas de place, dans laquelle l’impunité n’existe pas et qui soit dotée d’une tolérance zéro face à l’inaction». Le Dr Tedros, qui a eu le soutien public de la majorité des pays européens pour briguer un second mandat en 2022, s’est dit «désolé» auprès des victimes et a promis des «conséquences sévères» aux responsables juste après la publication du rapport.

L’OMS s’est engagée à mettre en œuvre les recommandations de la commission d’enquête et à se débarrasser des employés à l’origine des violences, de même que des responsables qui auraient dû intervenir. L’organisation a mis fin, dès la publication du rapport, au contrat des quatre des 21 personnes directement impliquées qu’elle employait encore. Deux hauts responsables ont été placés en congés administratifs.

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