Académie du Royaume du Maroc : les relations entre la Chine et l’Afrique datent de l’époque précoloniale du temps de la dynastie Han

L’Académie du Royaume du Maroc organise sa 46ème session sous le thème : « L’Asie, comme horizon de pensée : expériences de modernisation et de développement à travers 3 séquences, la Chine, l’Inde et le Japon ». Elle poursuit ainsi son exploration des grandes régions du monde, en vue de créer des passerelles entre les intellectuels des deux bords et favoriser l’échange, le dialogue et les expériences diverses dans la perspective d’une approche pluridisciplinaire.

S’exprimant lors de la séance inaugurale de la session sur la Chine, Mohammed Kettani, Chancelier et membre de l’Académie du Royaume du Maroc, a indiqué qu’à travers sa 46ème session, l’Académie compte explorer les forces du changement qui façonnent l’Asie et comprendre les processus qui ont conduit ce continent vers des expériences de modernisation.

Pour M. Kettani, les performances de la Chine, son positionnement sur la scène internationale ainsi que les énormes sauts qualitatifs qu’elle a réalisés depuis une trentaine d’années représentent une donnée fondamentale dans l’évolution du 21ème siècle, d’où vient l’importance de cette rencontre. Il a également souligné, dans une déclaration à Barlamane.com/fr, que l’expérience chinoise en matière de développement peut bel et bien inspirer le continent africain compte tenu de ses similitudes nombreuses avec l’Afrique.

En outre, M. Kettani a fait savoir que la réflexion autour de l’expérience de la Chine portera sur beaucoup de secteurs d’activité, à savoir les réformes constitutionnelles, les alliances stratégiques, l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de développement axées sur l’industrie et le commerce, la définition des priorités dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la planification urbaine et de l’environnement entre autres.

Quant à Abdeljalil Lahjomri, Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, il a indiqué que le Maroc et la Chine sont des civilisations millénaires. Ainsi, leurs relations ne datent pas d’hier. Les contacts et visites entre les deux pays se sont accentués depuis la dernière décennie. Les deux pays sont, d’ailleurs, sur la même longueur d’onde en matière de relations internationales. Cependant, des efforts restent à fournir pour booster leurs partenariats.

Il a également indiqué qu’au cours des dernières années, la Chine a fait des efforts notables pour promouvoir son soft power. Ses efforts ont grandement attiré l’attention du monde. En effet, la question du soft power chinois est aujourd’hui l’objet d’un nombre grandissant de travaux universitaires, en Chine comme dans les pays occidentaux. Elle a été officialisée depuis le 17ème Congrès du Parti Communiste Chinois (PCC) en 2007. Et depuis, elle la s’est lentement mise en place et est devenue primordiale après l’arrivée au pouvoir de Wen Jiabao en 2002.

Par ailleurs, M. Lahjomri a noté que la Chine a changé, franchissant en une génération toute la distance séparant un pays du tiers-monde des plus grandes nations industrielles. Ainsi, elle s’est extirpée de la pauvreté et est devenue une des puissances économiques mondiales les plus importantes.

Pour sa part, Rahma Bourqia, sociologue et membre de l’Académie du Royaume du Maroc, a fait remarquer que les relations entre la Chine et les pays africains suscitent depuis une vingtaine d’années beaucoup d’intérêt de la part des spécialistes et des professionnels du développement. En effet, la Chine est devenue parmi les partenaires commerciaux les plus importants du continent. La Chine est ainsi devenue un acteur avec lequel les pays africains ont besoin d’entretenir des relations économiques mutuellement avantageuses dans le cadre de leur processus de développement.

D’après la sociologue, les relations entre la Chine et l’Afrique datent de l’époque précoloniale du temps de la dynastie Han. D’ailleurs, il existe des preuves de relations commerciales très anciennes. Il y a eu deux grands moments importants qui ont marqué cette histoire. Le premier est le voyage au 14ème siècle du savant Ibn Battuta. Le deuxième est le voyage de l’amiral Zheng He, sous la dynastie Ming, et de sa flotte, qui contournèrent la corne de l’Afrique et descendirent la côte jusqu’au canal du Mozambique. Les relations entre la Chine et le continent africain, notamment avec le Maroc, ont depuis évolué.

Dans ce contexte, M. Li Li, Ambassadeur de Chine au Maroc, a souligné, dans une déclaration à Barlamane.com/fr, que les relations bilatérales entre le Maroc et la Chine se caractérisent par une confiance politique ainsi qu’une très bonne coordination dans tous les secteurs de coopération. D’après lui, la coopération sino-­marocaine, qui est en plein essor, traduit les rapports qu’entretient la Chine avec les pays africains. « Je crois que les deux pays ont une amitié traditionnelle. Ces dernières années, les relations sino-marocaines ont fait preuve d’une dynamique réjouissante. Les deux pays sont maintenant partenaires stratégiques œuvrant ensemble à la construction de « la Ceinture et la Route », leurs échanges se multiplient à tous les niveaux et dans de nombreux domaines », a-t-il indiqué tout en soulignant que le Maroc a toujours été un contributeur important à la coopération sino-africaine.

Les discussions se poursuivront donc jusqu’au 10 décembre courant sur les expériences de modernisation et de développement de la Chine. Durant la 46ème session de l’Académie du Royaume du Maroc, des experts et des scientifiques examineront ainsi la manière dont la Chine opère pour préserver l’équilibre entre sa volonté politique de modernisation et la détermination intellectuelle des civilisations.

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