Affaire Bouachrine : Le verdict est annoncé, le rideau est tombé… Ce n’est qu’une leçon

Qui de nous aurait imaginé un jour que notre confrère Tawfiq Bouachrine soit jeté deux ou trois jours derrière les barreaux. Ceci faisait partie de l’illusion. Que dire alors de tant d’années de prison pour Tawfiq qui était à nos côtés sans que l’on sache qu’il a plongé dans la perversion au point de lui vouer un véritable amour.
Lorsque Bouachrine laissait libre cours à ses désirs, à ses pulsions et aux torts qu’il subissait à ses victimes, il n’avait à aucun moment eu la conscience que ses actes vont le plonger dans un sillon sombre dont les conséquences seront autant funestes qu’il ne le pensait.
Au plus fort des temps où Bouachrine était en dehors de la prison, nous ne comprenons pas pourquoi il tendait vers tout ce qui contredit les intérêts de l’Etat et des citoyens. Nous disons alors que la liberté dont jouit le pays, donnait à chaque journaliste le droit à choisir son camp avec ses mains, sa plume et sa langue. Chaque journaliste exprime ses opinions selon ses convictions et les principes et valeurs qu’il défend.
Mais, Bouachrine s’est imposé comme un caméléon donnant plus qu’un visage, plus qu’une plume, et par conséquent, nous n’’avons pas compris ses tendances ni ses manœuvres et ses actes perpétrés dans son bureau du travail.
Notre confrère a, à un certain moment, choisi de se faire le héros dans les médias pour embrasser la fierté des chaînes de télévision arabes et occidentales qui étaient opposés aux intérêts du Maroc, en France ou au Qatar. Mais, ceci ne pouvait en aucun cas entamer la stabilité de l’Etat.
A l’ère nouvelle du roi Mohamed VI, Bouachrine se plaisait à soutenir ceux qui ne voulait pas d’un Maroc fort et stable : prince rouge, journalistes, écrivains aventuriers. Cela étant notre amitié envers lui n’a pas changé.
Et lorsque le vent du printemps arabe s’est abattu sur des Etats et des dirigeants arabes, Bouachrine s’est rangé aux côtés de ceux qui soutiennent d’absurdes positions à l’encontre du Maroc, alors que le Royaume s’est lancé dans une logique de changement touchant une kyrielle de secteurs.
Aussi, et au lendemain des élections de 2011 qui ont porté le Parti Justice et Développement (PJD) au pouvoir, un parti que personne ne croyait qu’il allait gouverner le Maroc et mettre en otage son avenir, Bouachrine est devenu le porte-parole de cette formation islamiste en faisant l’éloge des décisions ‘’courageuses’’, adoptées par l’ancien Chef de gouvernement Abdelilah Benkirane et parfois même critique sévèrement ceux qui s’opposaient à son mode de gouvernance et ses déclarations faites à l’emporte-pièce, entérinant ainsi la doxa ‘’soutiens ton frère injuste ou opprimé’’. Un parcours certes plein de tourmente et d’absurdité. Heureusement que le ridicule ne tue pas.
Benkirane qui, il y a trois jours, conseillait Saâdeddine El Othmani de ne pas accepter l’augmentation de salaire des fonctionnaires, ne cherche qu’à enfoncer le pays dans le chaos et la désolation, et si Bouachrine était loin des barreaux, il dirait sans ambage : la raison est du côté d’Abdelilah.
Dire que Bouachrine a fait de sa personne un Etat au sens vrai du terme. Un Etat auquel il a tracé, à un moment donné, une ligne diplomatique bénéficiant du soutien d’un Etat arabe frère qui a mis à sa disposition sa chaîne TV, ses médias, ses journalistes, son style, sa culture, ses méthodes et son idéologie inspirée des théoriciens Youssef Qardaoui et Azmi Bachara.
Admettons enfin que Bouachrine, aujourd’hui en prison, n’est pas entré pour ses positions ou convictions politiques, mais pour ses pratiques sexuelles sadiques. Comme il a choisi son Etat, ses amis et son parti, il a aussi choisi ses victimes et elles sont malheureusement nombreuses allant de l’épouse de son ami, à la secrétaire et la journaliste exerçant dans son établissement.
Bref, le verdict est tombé. On ne dira pas que le juge était miséricordieux. On ne dira pas non plus qu’il était sévère. On dira tout simplement que le juge était juge et que Bouachrine était cruel vis-à-vis de lui-même.

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