Affaire Saad Lamjared renvoyée devant un tribunal correctionnel

La star marocain Saad Lamjarred, accusé d’un viol par une jeune femme fin 2016 à Paris, sera jugé en France, pour des charges allégées d' »agression sexuelle », une décision d’un juge d’instruction qui a été contestée par la plaignante qui réclame un procès aux assises.

Le procès du chanteur, qui a bénéficié d’un non-lieu dans un autre volet de cette enquête, ne se tiendra toutefois pas avant 2020.

Depuis le début de cette affaire très suivie au Maroc, Saad Lamjarred, phénomène de 34 ans qui cumule plus d’un milliard de vues sur YouTube, est revenu à plusieurs reprises à la Une de la chronique judiciaire française.

Mardi, le juge d’instruction a ordonné qu’il soit jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour ces faits, mais requalifiés en « agression sexuelle » et « violences aggravées », conformément aux réquisitions du parquet de Paris.

« En excluant la qualification de viol, le juge d’instruction et le procureur de la République rejoignent l’analyse initiale de la défense », s’est félicité auprès de l’AFP Me Jean-Marc Fedida, avocat du chanteur.

« Il n’y a jamais eu aucune espèce de violence, c’est un renvoi a minima », a-t-il ajouté.

« Pour nous, c’est inacceptable, cette affaire relève de la cour d’assises », a réagi Me Jean-Marc Descoubes, avocat de Laura P.

Né en avril 1985, Saad Lamjarred est originaire de Rabat, où il a grandi dans une famille d’artistes renommés. Il a commencé à se faire connaître dans le monde arabe en 2007 en participant à l’émission libanaise Super Star, mais n’est devenu une célébrité qu’à partir de 2013 avec son titre « Mal Hbibi Malou » (« Qu’arrive-t-il à ma bien-aimée? »).

Saad Lamjarred reste adulé dans son pays natal, malgré ces affaires, qui ont relancé le débat au Maroc sur les violences contre les femmes.

Ses fans restent persuadés que le chanteur est victime d’un complot et/ou que ses présumées victimes cherchent à tirer profit de sa notoriété.

En septembre, après sa nouvelle incarcération, une campagne pour bannir ses titres des ondes marocaines, avec les hashtags #masaktach (je ne me tais pas) et #LamjarredOut, avait dominé les réseaux sociaux, obtenant un écho viral mais un succès mitigé dans les radios.

En 2010, le chanteur avait déjà été mis en cause aux Etats-Unis dans une affaire de viol dans laquelle il nie toute implication. Les poursuites avaient été abandonnées

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