Algérie-Maroc : l’entourage de Tebboune, puisé dans les ressources inépuisables du FLN

Certains médias marocains ont estimé, ces derniers jours, que le nouveau président algérien Abdelmajid Tebboune, s’est entouré d’hommes du sérail, connus pour leur hostilité déclarée contre le Royaume dont le chef du gouvernement lui-même, le conseiller pour les questions militaires et  de sécurité, ou encore le chef d’état-major de l’armée.

Certes, tous ont eu à s’exprimer et à proclamer leur hostilité au Maroc,  une denrée bon marché en Algérie, qui garnit les biographies et renforce les chances de leurs auteurs à des promotions sociales. Personnellement, je considère que le recrutement de cette race de cadres de l’Etat est aisé, car puisé dans les ressources d’une pépinière inépuisable, forgée après plusieurs décennies de parti unique et d’une idéologie « avant-gardiste et révolutionnaire », laquelle a produit une Algérie dont nous découvrons tous aujourd’hui la réalité et la déliquescence économique et sociale.

Il est franchement déplorable qu’à la veille du premier anniversaire du déclenchement du Hirak en Algérie, un 22 février 2019, la presse algérienne, inféodée au pouvoir, avait paradoxalement le regard tourné vers la célébration du mouvement du 20 février 2011 au Maroc, en prédisant, comme à l’accoutumée, une explosion sociale au Maroc !

Finalement, ceux qui ont accusé la presse algérienne de vivre sur une autre planète, ont tout à fait raison. Le drame des Algériens est qu’ils ne se rendent toujours pas compte du grave retard pris sur tous les plans, par rapport à leurs voisins tunisiens et marocains, et qu’ils persistent à vanter des choix idéologiques passéistes et archaïques, dont ils paient une lourde facture. Après 70 ans d’indépendance, l’Algérie reste malheureusement enfermée dans sa guerre de libération, comme si c’était l’unique peuple au monde à se libérer du colonialisme. Les sacrifices consentis par leurs ancêtres pour l’indépendance de l’Algérie sont bien évidemment justifiés par la longévité de la présence étrangère et coloniale dans leur pays (plus de cinq siècles de présence turque et française).

Aujourd’hui, le pays ambitionne de vouloir relancer « le front de la fermeté » avec la Syrie de Bachar Al Assad !  C’est un des grands chantiers régional et international de la diplomatie algérienne ! Sur les plans économique et social et sans les hydrocarbures, le système de rente algérien aurait fait faillite depuis longtemps. Sa survie est tributaire des hydrocarbures et du prix du baril. 32 ans après les émeutes d’octobre 1988, qui ont ébranlé le système du parti unique, l’amorce d’une timide libéralisation, l’Algérie n’arrive toujours pas à se remettre sur les rails de véritables réformes en profondeur, destinées à abolir la contrebande, qui se répand sur une grande échelle, la spéculation, le change parallèle, l’approvisionnement du marché, la distribution, etc…l’Algérie n’a toujours pas opéré sa mutation vers la démocratie.

L’expulsion du patron d’un opérateur téléphonique étranger, de nationalité étrangère, a été décidée par le chef de l’Etat !  et non par voie judiciaire !  l’arbitraire ! dirize-vous. Le Maroc, en dépit de cette haine historique que la classe politique algérienne voue à son égard, reste un modèle et un exemple pour l’Algérie. Bouteflika avait construit une mosquée « sur le littoral, « au bord de la mer » dont le minaret  est plus haut que celui de la mosquée de Hassan II à Casablanca, de quelques mètres, pour déclasser le monument marocain, en tant que troisième lieu de culte dans le monde. Bouteflika n’est pas allé jusqu’au bout de ses rêves. Les usines automobiles du Maroc, très performantes. Pourquoi , dira Tebboune. « Nous voulons des usines comme celles du Maroc », c’est ce qu’il veut dire. Pourtant, le Maroc n’est pas un bon exemple pour Alger.

A vrai dire, Alger est un autre monde, bien que nous soyons des pays frontaliers.

*Journaliste et écrivain

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