Algérie : tarissement de 60% des réserves gazières conventionnelles

Les mutations de la scène énergétique algérienne sont plus rapides et plus déterminantes : l’offre reste rigide alors que la demande, du fait surtout de la forte croissance des besoins nationaux, explose littéralement.

L’Algérie risque de devenir un pays importateur de gaz alors que sa production nationale continue d’être happée par une consommation croissante qui pourrait transformer le pays en importateur net de gaz dans dix ans, a déclaré Mustapha Hanafi, haut responsable au ministère de l’Énergie. La production conventionnelle de gaz est en baisse alors que la hausse de la consommation domestique augmente sans cesse, a déclaré M. Hanafi lors d’une conférence de presse le 13 octobre.

« Si on devrait importer du gaz, il faut savoir qu’on n’a même pas de plate-forme d’importation car la plupart de nos structures sont conçues pour l’exportation », a-t-il averti. Entre-temps, des centaines de personnes sont descendus dans les rues d’Alger le 13 octobre pour protester contre un projet de modification de la loi sur les hydrocarbures qui, selon eux, accordera plus des avantages sans précédent aux multinationales au détriment des sociétés algériennes. Les manifestants ont déclaré qu’ils essayaient de dissuader le Parlement d’approuver le projet de loi, notant que tout nouveau projet de loi ou décision majeure dans n’importe quel domaine devrait être actée uniquement par un nouveau président élu.

L’économie algérienne est largement dépendante des revenus générés par les hydrocarbures : le secteur du pétrole et du gaz génère près de 96 % des ressources globales d’exportation, constitue 70 % des recettes budgétaires et en moyenne, 38 % du produit intérieur brut du pays. Le secteur connaît toutefois une tendance à la baisse. L’Algérie dépend presque entièrement du pétrole et du gaz pour ses revenus. Le pays a généreusement dépensé en subventions qui ont permis d’apaiser la population. Mais la volatilité du marché pétrolier au cours des dernières années a entraîné une forte contraction des avoirs en devises étrangères du pays.

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