Culture : un plan d’urgence pour un secteur à forte croissance économique

Pour l’Unesco, c’est une évidence : l’économie créative est l’un des secteurs qui connaissent la croissance la plus rapide de l’économie mondiale. Elle comprend les produits audiovisuels, le design, les nouveaux médias, les arts du spectacle, l’édition et les arts visuels.

A l’échelle mondiale, le commerce mondial de biens et services créatifs a plus que doublé entre 2002 et 2011, avec une augmentation annuelle en moyenne de 12,1% dans les pays en développement.

Au Maroc, le secteur de la culture souffre toujours d’un réel problème de financement. Malgré l’apport de certains événements culturels à l’enveloppe du ministère de la Culture, ainsi le cas du festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira qui en 16 éditions a fait gagner 1,7 milliards de DH à la ville hôte, le budget consacré par le ministère de l’Economie et des Finances oscille toujours entre 0,25% et 0,30% du budget général de l’Etat.

D’autre part, le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) note une instabilité de l’emploi dans les métiers artistiques et culturels au Maroc, malgré l’augmentation du nombre d’emplois déclarés dans le secteur, avec un risque de perte des revenus chez les professionnels. Le rapport réalisé par le CESE souligne l’insuffisance des allocations de fonds publics ou privés et l’absence d’une prise de risque en matière de soutien aux entreprises culturelles capables de garantir la continuité des manifestations. Le Conseil pointe également l’absence de coordination entre les acteurs officiels des activités et domaines culturels et la concentration des activités des entreprises dans les domaines du cinéma et de l’audiovisuel uniquement.

La convention de partenariat signée entre la Fédération des Industries Culturelles et Créatives (FICC) et le ministère de la Culture et de la Communication vient intervenir à la série de difficultés que rencontre le secteur. Une convention qui s’articule autour du renforcement de partenariat public-privé, le climat des affaires et l’investissement, sur les volets formation, dynamique régionale, les droits des auteurs, et enfin l’organisation en partenariat entre le ministère et le FICC des Assises de la Culture.

Selon les propos de Neila Tazi, fondatrice du Festival Gnaoua et musiques du monde et présidente de la Fédération des industries culturelles et créatives, FICC, les industries culturelles sont à l’intersection entre l’économie et  la culture. Le secteur a comme objet principal la création, la production, la reproduction, la promotion, la diffusion ou la commercialisation de biens, de services et activités qui ont un contenu culturel, artistique et/ou patrimonial.

Pour arriver à créer cette économie de la culture, il est nécessaire de mettre en place de solides synergies avec les départements de l’Education et de la Formation, du Tourisme, des Finances et de l’Intérieur, entre autres. Mme Tazi a annoncé que les Assises de la culture, qui sont en cours de préparation, seront le reflet d’une approche innovante ouvrant de nouvelles perspectives pour faire de la culture est un solide levier de développement.



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