Et si l’Algérie avait bloqué la désignation de Ramtane Lamamra comme émissaire onusien en Libye ?

L’Algérien Ramtane Lamamra, qui fut pressenti comme prochain émissaire de l’ONU en Libye, a été écarté. Ce diplomate, ministre des affaires étrangères de l’Algérie de 2013 à 2017 et médiateur dans plusieurs conflits africains aurait-il été victime d’un mauvais coup du régime de Tebboune ?

L’ancien ministre algérien des affaires étrangères Ramtane Lamamra, jusqu’alors pressenti pour remplacer l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, selon de sources diplomatiques européennes et africaines, a été écarté des petits papiers de l’instance internationale. M. Lamamra, 67 ans, diplomate chevronné ayant guidé l’action internationale de son pays entre 2013 à 2017, aurait été victime d’un complot orchestré par les services algériens et égyptiens, affirme le site Maghreb Intelligence.

Plusieurs fois ambassadeur, il a été médiateur dans plusieurs conflits africains, notamment au Liberia, sous la férule de l’ONU et de l’Union africaine (UA). Selon les sources du site, une réunion urgence ayant eu lieu dans le palais présidentiel algérien a discuté de la candidature de Lamamra à ce poste stratégique. Le constat définitif était qu’une telle désignation pourrait jeter de l’ombre sur le vainqueur mal élu de la présidentielle contestée du 12 décembre 2019 en Algérie, Abdelmadjid Tebboune, considéré comme illégitime et inféodé à l’armée par le puissant mouvement de contestation. «Lamamra comme chef de la mission de l’ONU en Libye, c’est un poste qui captera tous les projecteurs internationaux. Et cette situation n’arrange pas du tout l’agenda de Tebboune dont la Libye lui sert de tremplin pour gagner une légitimité internationale et tisser des alliances avec les puissances étrangères. Ce qui lui permettra de renforcer sa position très fragile en Algérie où il est rejeté par une grande partie de la population et une autre partie de l’institution militaire» note Maghreb Intelligence.

Pendant près de trois ans, Ghassan Salamé a tenté sans succès de convaincre les belligérants libyens d’unifier les institutions de l’Etat et d’annoncer des élections afin de mettre un terme aux divisions dans le pays. Depuis 2015, deux autorités rivales se disputent le pouvoir dans le pays : le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et établi à Tripoli, et l’autorité incarnée par le maréchal Khalifa Haftar dans l’est du pays.

L’Algérie, qui partage près de 1.000 kilomètres de frontière avec la Libye, est très active pour tenter de peser sur un conflit qui menace la stabilité régionale. Le président Abdelmadjid Tebboune a ainsi proposé en janvier d’accueillir des «discussions» entre toutes les parties libyennes en vue de favoriser des négociations visant à sortir la Libye de la crise.

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