Eugène Delacroix, à l’honneur à l’Académie du Royaume du Maroc

Dans le cadre de ses activités culturelles, l’Académie du Royaume du Maroc a inauguré aujourd’hui, les travaux d’un colloque international sous dédié à l’oeuvre d’Eugène Delacroix, diplomate, écrivain et peintre, qui a immortalisé de façon moderne le Maroc du 19ème siècle.

Lors de la conférence inaugurale du colloque qui s’est déroulée aujourd’hui en début de soirée et dont l’intervenante principale était Mme Dominique de Font-Réaulx, conservateur général du Musée du Louvre de Paris, l’échange a concerné l’aventure d’Eugène Delacroix au Maroc, et la manière dont sa visite diplomatique l’a inspiré dans ses œuvres jusqu’à sa mort.

Eugène Delacroix a 34 ans lorsqu’il débarque à Tanger pour la première fois, en 1832, accompagnant le Comte de Mornay dans sa mission diplomatique auprès du Sultan Chérifien Moulay Abderrahman. Le Roi Louis Philipe 1er entend faire passer un message au souverain alaouite et rassurer les Britanniques, au moment où la France s’impose en Algérie. L’objectif premier de cette visite est donc politique. Il s’agit d’obtenir la neutralité du Maroc et l’arrêt des aides militaires marocaines. Eugène Delacroix, plutôt casanier à Paris, a accepté de venir immortaliser l’ « Orient » sur ses feuilles et carnets.

Pendant les six mois que dure sa mission, Eugène Delacroix parcourt le Maroc entre Tanger et Meknès. Il découvre un Maroc contemporain, extraordinairement divers, loin des représentations stéréotypées des orientalistes. Il découvre la curieuse vie des habitants, et il peint, dessine et écrit au fur et à mesure qu’il découvre. De retour en France et jusqu’à sa mort en 1863, Delacroix exploite les croquis et les esquisses qu’il a saisis sur le vif lors de son voyage.

Ce voyage au Maroc a permis à Eugène Delacroix de constituer une oeuvre qui traversera les siècles, en témoignant d’une époque. Ses oeuvres ont eu un impact sur la perception française du Maroc du 19ème siècle, à travers lesquelles il a sû déjouer les stéréotypes entourant le Maroc, en brisant les mythes orientaux l’entourant.

L’oeuvre de Delacroix, pourtant simple, dépasse de loin ses contemporains. Charles Beaudelaire disait qu’il n’y eut personne qui comprit les Arabes mieux que Delacroix. Bien que d’autres artistes aient été de bien plus grands voyageurs au Maroc, aucun n’aura vraiment réussi à capturer l’image avant-gardiste de la société marocaine à cette époque mieux que Delacroix.

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