Hassan Abyaba, le ministre aux mille et une erreurs

C’est une première au Maroc, un porte-parole du gouvernement qui s’emmêle dans ses mots, commettant un grand nombre d’erreurs à la fois, et ce, quelques jours après sa nomination au gouvernement.

Peut-être que le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, le porte-parole du gouvernement, Hassan Abyaba, mérite d’être inscrit au Guinness des erreurs ministérielles, ayant commis un nombre de gaffes considérable en un temps record, chose qu’il est impossible d’ignorer ou de tolérer. Abyaba a fait, hier soir, l’objet d’une vague de moqueries et de réprimandes sur les réseaux sociaux et les médias électroniques. Une intervention des autorités concernées devrait être de mise, pour contrôler et corriger les erreurs du porte-parole du gouvernement.

En premier lieu, et immédiatement après la passation des pouvoirs entre anciens et nouveaux ministres, une première allocution d’Abayba a donné l’impression à beaucoup qu’il avait mécaniquement mémorisé son speech. Ce discours a été répété le jeudi suivant devant les journalistes, comme s’il n’avait que ces paroles en tête. En gros, Abyaba n’a pas l’air de se donner beaucoup de mal dans son nouveau poste.

Le ministre a surtout l’air de se préoccuper des avantages que lui offre son statut de ministre. Première de ses préoccupations ? de nouvelles voitures de service, ainsi que tous les autres avantages gouvernementaux qui viennent avec son nouveau travail. En plus, Abyaba a préféré, dans un élan parfaitement imprudent, démettre de leurs fonctions d’anciens directeurs au sein du ministère, qu’il a renommés ailleurs, peu soucieux de s’entourer de personnes compétentes dans leur domaine.

Le jour de sa première épreuve en tant que porte-parole du gouvernement, le ministre était humilié. Confus devant l’audience, Abyaba a choisi de quitter la pièce, ce qui, en soi, était un scandale sans précédent, auquel s’ajoutent des erreurs linguistiques et verbales ainsi que une communication médiocre. Le ministre a eu beau tenter de camoufler ses piètres prestations en fournissant de copieux buffets aux journalistes, la réalité des choses n’a pas été dissimulée. Le ministre a quand même étudié en langue arabe en Arabie Saoudite, les erreurs qu’il a commises étaient donc difficilement acceptables.

Il n’est pas question de sous-estimer l’ancien directeur des Ecoles saoudiennes et ses efforts pour apprendre et maîtriser la langue arabe, mais seulement de lui demander de relire les notes qui lui sont soumises avant de les signer à l’instar de la note par laquelle il a nommé par le responsable de la coopération au ministère de la Culture : un texte de deux paragraphes, certes, mais contenant plus d’erreurs de langue que de mots. Peut-être les personnes chargées de rédiger la note ignoraient-elles les règles de la rédaction administrative? C’était presque à en croire que le texte avait été rédigé furtivement dans le noir. De plus, la nomination du nouveau responsable du service coopération a été annoncée aux responsables du service, sous forme d’une circulaire et non sous la forme d’une décision administrative. Abyaba a l’air d’un homme pressé, comme dans ses scandales, dans ses nominations, ou encore dans l’élaboration de ses notes ministérielles et leur signature.

Dans le palmarès de gaffes d’Abyaba, son premier événement en tant que ministre, lorsqu’il a présidé sa première activité officielle, la cérémonie du Prix du livre du Maghreb, où il a abasourdi la présence avec son étrange théorie d’ « apprivoiser la culture et d’éduquer le sport ».

Enfin, il n’est généralement pas des habitudes de barlamane.com d’appeler un ministre à se ressaisir ou à redresser sa situation, à moins que ses erreurs ne soient fréquentes et ses bourdes multiples. Bien sûr que l’erreur est humaine, mais quand celle-ci se traduit par nonchalance surtout au sein d’un gouvernement qui doit faire preuve de compétences, il est important de remettre les choses au clair. Le nouveau ministre doit se rendre compte que la prise de responsabilité n’est pas un jeu politique, et que la gestion des affaires publiques a ses règles.

L’une des plus grandes erreurs qu’il a commises est qu’il n’ait pas tenu compte des directives du Roi dans son discours à l’ouverture du Parlement, lorsqu’il a préconisé le sens des responsabilités, du sérieux, de la vigilance, de la mobilisation, dans la gouvernance. Il n’est cependant pas trop tard pour lui de se ressaisir, sous peine de rejoindre, lui aussi, la liste des limogés.

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