La coalition antiterroriste «préoccupée» par la situation au Sahel

Les violences djihadistes, mêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019.

Les ministres des affaires étrangères des pays de la coalition contre le groupe Etat islamique (EI) ont exprimé leur «préoccupation», jeudi 4 juin, face aux activités des groupes qui lui sont affiliés en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Selon un communiqué du ministère français des affaires étrangères, les ministres ont «pris note avec préoccupation de la menace croissante représentée par les groupes affiliés à Daech et ses ramifications dans le monde, en particulier en Afrique de l’Ouest et au Sahel». Une réunion sera organisée prochainement, « consacrée au renforcement des capacités en Afrique de l’Ouest et au Sahel, dans le plein respect du droit international », à la demande des pays concernés.

La visioconférence était présidée par le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et son homologue italien, Luigi Di Maio. «Les ministres sont convenus du besoin urgent de poursuivre l’échange d’informations portant sur les membres connus des groupes affiliés à Daech», notamment via Interpol, selon le communiqué. Les ministres réaffirment par ailleurs leur détermination à « créer les conditions d’une défaite durable du groupe terroriste ».

Les violences djihadistes, mêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait 4 000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso l’an dernier, cinq fois plus qu’en 2016 selon l’ONU. La France a notamment déployé 5 100 militaires au Sahel dans le cadre de l’opération anti-djihadiste « Barkhane », en coopération avec les pays de la zone.

Les ministres abordent aussi le dossier des djihadistes détenus dans les prisons sous contrôle kurde, demandant que «les terroristes présumés, y compris ceux de nationalité étrangère, soient traités de manière appropriée et jugés conformément à leurs obligations en vertu du droit international». Ils demandent «instamment» qu’ils soient traités « humainement en toutes circonstances, dans le respect du droit international, en garantissant en particulier leur droit à un procès équitable».

Les forces kurdes détiennent toujours quelque 12.000 djihadistes dans plusieurs prisons du nord-est syrien, selon leurs statistiques. Parmi eux se trouvent des Syriens, des Irakiens, mais aussi entre 2.500 et 3.000 étrangers originaires d’une cinquantaine de pays. Les Kurdes se sont résignés à l’idée de devoir les juger en Syrie, en raison des tergiversations des Occidentaux qui rechignent à rapatrier leurs ressortissants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *