L’AMDV veut que les réponses du législateur face aux violences sexuelles soient renforcées

L’Association marocaine des droits des victimes (AMDV) a organisé, vendredi 11 juin, une table ronde sur le thème : «le rôle de la société civile dans protection des victimes». Les violences sexuelles doivent être examinées suivant une démarche transdisciplinaire, a-t-on constaté.

L’association de défense des victimes d’abus sexuels a examiné, vendredi 11 juin lors d’une table ronde, plusieurs propositions élaborées dans le cadre des échanges qui ont lieu depuis plus de trois mois entre ce collectif et des différents intervenants, au sein d’un groupe de travail sur les questions des abus sexuels. Lors de ces travaux, plusieurs réflexions ont émergé, dont celles de «faire connaître la souffrance des victimes» et «la multiplication des dispositions législatives en vue de la répression des infractions sexuelles».

«Au niveau de la législation, il est nécessaire d’élargir l’arsenal en matière de répression des auteurs de violences sexuelles ainsi que le dispositif des réponses concernant les victimes de ces violences sexuelles» a indiqué Me Abdelfattah Zahrach, membre du conseil de l’ordre du barreau de Rabat, lequel a rappelé que «la question de la protection des femmes contre les violences occupe peu d’importance depuis toujours, et qu’en matière pénale, branche du droit chargée de protéger les valeurs fondamentales de la société, ce sujet doit être central».

Plusieurs membres du bureau exécutif de l’association ont été présents, dont la vice-présidente Fatima-Zahra Chaoui, Abdelfatah Zehrach, Loubna El Joud et Karima Salama, entre autres. Il a été rappelé que «l’Association marocaine des droits des victimes s’engage à défendre les droits des victimes» et que «les droits des victimes sont le parent pauvre de l’arsenal juridique marocain, comparés aux droits dont jouit les accusés». «Nous nous engageons à défendre les principes de l’équité et de l’égalité entre les statuts juridiques de l’accusé et de la victime au regard des lois marocaines, et dans le cadre des procès» avait indiqué l’AMDV.

Hafsa Boutahar, victime de Omar Radi, a été présente à cet événement. L’enquête pour viol contre son agresseur a été ouverte en juillet 2020 après la plainte qu’elle a déposée. «La prise en charge des victimes d’infractions sexuelles doit se caractériser par un accompagnement de proximité, dans la durée, général et pluridisciplinaire» avait déclaré la jeune femme. Adam M, victime de Soulaiman Raissouni, a pris part aux échanges, alors que le procès de son agresseur, poursuivi pour attentat à la pudeur avec violence et séquestration, a été une nouvelle fois reporté.

L’AMDV vise, selon ses statuts, «à soutenir les droits des victimes de crimes, conformément aux conventions internationales pertinentes et aux bases constitutionnelles et nationales, et à défendre les droits des enfants, des femmes et de toutes les catégories vulnérables», tout en œuvrant «à faire entendre la voix des victimes et à leur procurer le soutien juridique, psychologique, sanitaire et social, et à lutter contre l’impunité, qui s’apparente à une atteinte aux droits des victimes et bafoue le principe de l’égalité des citoyens devant la loi».

L’AMDV, pour rappel, «s’engage à présenter des pétitions et propositions de lois, des recommandations et des rapports dans le but d’actualiser et harmoniser le système juridique avec les conventions internationales approuvées par le Maroc, en plus de l’élaboration et la mise en place de projets au profit des femmes et enfants victimes.»

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