L’Argentine condamne le Hezbollah et gèle ses avoirs, 25 ans après le pire attentat du pays

Buenos Aires accuse le Hezbollah de deux attaques commises en 1992 et 1994 sur son sol. Ce jeudi, 25 ans après, le gel des avoirs du Hezbollah a été annoncé par l’Argentine. Retour sur les faits.

Le 18 juillet 1994 vers 10h du matin, une bombe fait exploser le siège du centre juif au cœur de Buenos Aires à l’Amia, l’Association mutuelle israélite argentine. Le bilan fait 85 morts et près de 300 blessés. C’est l’attentat le plus meurtrier qu’a connu l’Argentine.

Deux années plutôt, le 17 mars 1992, c’est l’ambassade d’Israël en Argentine qui a été visée dans un attentat terroriste. 29 personnes trouvent la mort alors que des pistes sont avancées notamment par Israël et l’Argentine pour accuser de hauts responsables de l’armée du Hezbollah. Selon la société Israelite-Argentine, ces hauts membres du Hezbollah ont, sans nul doute, commandité cette attaque.

Le procureur Alberto Nisman, en charge de l’enquête pointe alors du doigt l’Iran et la Hezbollah. Il ne laissait planer aucun doute sur la responsabilité de la république islamique.

Malgré les alertes rouges émises par Interpol, l’organisation internationale de police criminelle, dans le but d’arrêter les responsables Iraniens suspectés et malgré l’ouverture d’un dialogue entre l’Argentine et l’Iran sur le dossier – 25 ans d’enquête et 113 000 pages de rapport – l’attentat ne sera jamais revendiqué.

Alberto Nisman, le procureur qui était en charge du dossier, accusera plus tard la présidence de l’Argentine d’avoir favorisé l’impunité des suspects Iraniens pour des raisons diplomatiques et économique.

A la veille d’une audience officielle devant une communauté parlementaire en Argentine, le procureur, – qui devait fournir des preuves aux représentants du peuple -, sera retrouvé mort une balle dans la tête à son domicile. Selon la délégation israélite-argentine (DAIA), «la mort du procureur était, sans l’ombre d’un doute, intimement liée à son enquête». La délégation qualifie l’attentat de «pire attentat terroriste dont ont souffert la république d’Argentine et la communauté juive».

L’Amia, qui abrite la communauté juive la plus importante d’Amérique latine est devenue une affaire d’État. Ce jeudi, après 25 ans d’hésitations, l’Argentine a classé jeudi le Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes, gelant les actifs du parti chiite libanais sur son territoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *