L’auteur de l’hymne national nous a quittés, mais l’hymne national reste vivant

Le destin a bien voulu que l’auteur de l’hymne national du Maroc, Ali Skalli Houssaini, nous quitte en ce jour mémorable marquant le 43ème anniversaire de la Marche verte, une épopée glorieuse porteuse de significations profondes sur la détermination du peuple marocain à préserver les valeurs sacrées du Royaume et à les inculquer aux générations montantes en vue de renforcer leur sentiment de patriotisme, d’appartenance nationale et d’identité marocaine.
Si devant cette épreuve cruelle, qui s’inscrit dans le destin imparable de Dieu, on ne peut qu’implorer le Très-Haut de l’accueillir dans son vaste paradis et de l’entourer de sa large magnanimité, il est regrettable de voir les valeurs et les vertus véhiculées par notre hymne national s’évaporer et disparaitre sans pour autant qu’on le sache.
Certes, l’hymne national a été adopté en 1969 par feu Hassan II, qu’il avait choisi méticuleusement en lui apportant même quelques retouches pour transmettre tous les sens de la cohésion, de la loyauté et du patriotisme, ainsi que les valeurs de tolérance et du juste milieu, outre les vertus caractérisant la société marocaine, en l’occurrence l’amour de la patrie, l’attachement et l’appartenance à la nation, le sacrifice, l’unité. Bref toutes les valeurs dont une nation peut se targuer.
Et le hasard fait bien les choses. L’adoption de l’hymne national a coïncidé avec la participation pour la première fois de l’équipe nationale marocaine de football à la Coupe du monde organisée en terre mexicaine en 1970. La beauté et la portée de notre hymne national lui ont valu une reconnaissance internationale. En effet, le quotidien d’information britannique, Daily Telegraph, fondé en 1855, l’a plébiscité en tant que meilleur hymne national interprété lors du dernier Mondial, Russie-2018.
Bien que nous soyons fiers de ce sentiment national, l’on est en mesure de s’arrêter sur une réalité amère incarnée par le fait que l’Etat et la société commencent à abandonner progressivement bon nombre de bonnes valeurs ayant servi de piliers inébranlables de l’unité nationale, de la cohésion sociétale voire même du prestige de l’Etat.
Il va sans dire que notre détermination à veiller, unguibus et rostro, sur la préservation du prestige de l’Etat et la force de ses institutions, ne signifie nullement la consolidation des institutions étatiques aux dépens des droits universels, qu’’ils soient liés à l’Homme, à la société, à l’environnement ou autres. Il importe, toutefois, de contrôler le comportement incivique de la société tout en renforçant les fondements de l’édifice démocratique et institutionnel sans pour autant porter atteinte aux acquis et valeurs du pays.
Le silence qui règne actuellement dans le pays au sujet de certains comportements irresponsables d’individus et de responsables est plus que préoccupant dans le mesure où on ne souhaite que cela se transforme en une situation de chaos et d’absurdité. On cite, à cet égard, le scandale des masters à Fès qui constitue une honte pour la société et sape toute les valeurs sociétales tout en mettant en péril la crédibilité des universités marocaines.
Même constat de certains ministres plongés dans des actes immoraux en se donnant libre cours à leurs caprices sexuels, battant en brèche ainsi la confiance placée en eux par les citoyens qui les ont élus pour leur assurer un lendemain meilleur.
Le journaliste qui a piétiné sur les nobles valeurs qu’incarne la profession et fait de son bureau un lieu d’agression sexuelle et de proxénétisme, abusant de son pouvoir et exerçant des pressions et des menaces sur ses victimes. Lui aussi contribue à la violation des valeurs de la profession qui sont l’éducation et l’enseignement avant même l’information et le savoir.
De même pour le prédicateur qui prône la bonne parole et se donne l’apparence d’un musulman modèle alors qu’en réalité, il est l’ennemi de la droiture et de l’exemplarité. Le jeune qui, l’épée à la main, s’attaque aux citoyens dans la rue ne gomme-t-il pas d’un trait le rôle de la famille, de l’école et de la société dans l’éducation.
En évoquant ces pratiques malveillantes qui vont à l’encontre des valeurs de notre société et des responsabilités de l’Etat, il nous paraît judicieux de suivre l’exemple des pays d’Europe et d’Amérique en matière de respect de l’autorité de l’Etat et du contrat social qui lie les citoyens. Et aussi au respect de l’enseignant et de l’instituteur pilier de l’éducation. Le poète égyptien Ahmed Chawqi n’a-t-il pas dit :’’ Répondez à l’enseignant et suivez-le.. Le professeur est presque devenu un messager’’.
Le respect de l’enseignant est primordial, car un ministre, un parlementaire ou un élu, s’il manque à l’éthique et aux valeurs, le peuple saura le jeter, par le biais des urnes, dans la poubelle de l’histoire. Quant à l’autorité de l’Etat, il faut la considérer comme une valeur historique qui exige de nous qu’on la protège et on la sauvegarde. Notre sécurité, notre liberté, nos projets et notre développement en dépend.

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