Le Covid-19 bouscule les priorités

C’est presque une certitude. Dès que le Coronavirus nouveau aura été vaincu, le Maroc modifiera en profondeur sa stratégie de développement économique et sociale, sans même attendre les conclusions de la Commission Benmoussa. Il aura suffi de quelques mois seulement pour que notre pays réalise toute l’ampleur de ses besoins dans les secteurs social et médical et imagine une vision globale du futur, arrête ses projections concernant les contours et les axes de son action pour les années à venir. 

Comme d’ailleurs pour plusieurs pays occidentaux, le Coronavirus aura finalement mis à plat les faiblesses du Maroc, et montré aussi ses forces. Les faiblesses en infrastructures médicales, en politiques sociales, mais aussi ses forces que sont la solidarité des marocains, avec à leur tête le Roi Mohammed VI, quels que soient les griefs que nous faisons au gouvernement et au parlement, mais aussi, l’ingéniosité de ses cadres, dans les secteurs public et privé, pour pallier nos besoins, et fabriquer en autonomie, et rapidement, les produits dont nous avons besoin, pour faire face à la pandémie, dans cette conjoncture particulière que traverse notre pays. Assurer l’autonomie autant que nous le pourrons, de notre pays en produits nécessaires, à commencer par les masques, les appareils de réanimation.

C’est cela le patriotisme. Que des étudiants se mettent au travail dans les universités pour  nous proposer des produits alternatifs à l’importation, pendant cette période cruciales, durant lesquelles les commandes s’entassent chez les fournisseurs et donc retardent toute action.C’est merveilleux et salutaire!

Le corona aura même bousculé la Commission Benmoussa et bouleversé certainement son agenda,  voire même ses projections. La commission devrait-elle momentanément surseoir ou suspendre son travail !  Il y’a d’autres urgences.

Le Maroc a identifié ses besoins. Pour combler les insuffisances dans le secteur médical et social, il y a lieu d’agir dans plusieurs directions : 

  • améliorer la situation matérielle du personnel sanitaire, ces soldats en blanc sur lesquels repose l’espoir de tout le pays,
  • se doter d’une infrastructure sanitaire moderne, 
  • formation des cadres dans le secteur de la santé, toutes spécialités confondues, et encouragement de la recherche médicale. Le Maroc doit disposer de chercheurs en sciences médicales de haut niveau.
  • développer le secteur pharmaceutique et industriel connexe, 
  • développer l’hygiène et le contrôle des frontières….
  • refonte de l’enseignement public et privé, 
  • développer les prestations et les services d’assurance maladie, création d’un fonds permanent de solidarité sociale
  • adopter un arsenal juridique de crise, en cas de catastrophe ou de pandémie. 

Il est temps de moderniser et de réhabiliter l’hôpital public Avicenne et de construire au moins trois ou quatre pôles médicaux régionaux dans le pays, doté de capacités importantes d’accueil.

Il faut espérer que notre pays s’en tire avec moins de dégâts. Jusqu’à présent, il fait preuve d’une maîtrise parfaite de la situation. Il n’y a rien à dire sur le dispositif préventif mis en place par le Royaume, pour parer à la circulation de la pandémie dans le pays, pourvu que nos compatriotes fassent, de leur côté, preuve d’un haut sens de responsabilité et de civisme et adhèrent pleinement aux consignes strictes des pouvoirs publics. 

Certains hauts responsables, y compris le chef du gouvernement, avaient minimisé dès le départ, la gravité des menaces qui pesaient sur notre pays. Le Maroc n’a pas les moyens des pays occidentaux, qu’ils soient  financiers, logistiques ou humains (en cadres supérieurs), mais il a un autre atout, l’intuition et le réflexe de prendre les mesures qu’il faut au moment opportun, et la solidarité de son peuple. Jusqu’à présent, le parcours est sans faute.

*journaliste et écrivain

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