Législatives 2021 : l’attrait économique marocain à l’heure du CSMD

La commission spéciale mandatée par le roi du Mohammed VI a présenté plusieurs pistes de réformes au bout d’une minutieuse réflexion qui a associé toutes les composantes de la société marocaine. Une feuille de route qui a guidé moult programmes économiques en vue des élections du 8 septembre.

Les élections législatives ont lieu le 8 septembre. «Un écosystème industriel en plein essor, une économie résiliente : sur le papier, le Maroc a tout pour se hisser en tête des pays émergents. Mais les chiffres de la croissance (entre 5,5 % et 5,8 % en 2021) ne sont pas à la hauteur des attentes» écrit le journal français L’Opinion. «La faute en partie aux dysfonctionnements du système éducatif, et au poids des inégalités sociales» analyse-t-on.

Le rapport de la CSMD, qui préconise notamment de doubler le PIB par habitant à l’horizon 2035, de réduire à 20% la part de l’emploi informel et de soutenir l’initiative privée. Une roadmap qui a rythmé les programmes des différentes formations politiques.

Tanger symbolise l’essor du Maroc. «Création d’une zone franche et d’un gigantesque port en eaux profondes sur la Méditerranée (Tanger Med), autoroutes, TGV (le pays est, depuis 2019, le seul d’Afrique à disposer d’un réseau de lignes à grande vitesse): en un peu plus dune décennie, la région de Tanger est devenue un hub logistique et industriel de première importance entre lEurope et lAfrique. Larrivée de Renault a permis également au secteur automobile de prendre son essor. Celle de Peugeot-Citroën, installé à Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale, Rabat, a confirmé l’attractivité du Royaume » détaille le journal.

 «700000 véhicules sortent annuellement des usines de montage. 85% sont exportés. Laéronautique nest pas en reste: embryonnaire au début du millénaire, le secteur contribue, pour plus de 1,5 milliard deuros, aux exportations marocaines, celles à destination de la France étant en constante augmentation. Les principaux constructeurs (Boeing, EADS, Safran) y ont implanté leurs usines. Paradoxe. Confrontée à un choc d’une exceptionnelle intensité avec la crise de la Covid-19 et le confinement drastique qui s’en est suivi – il a été levé seulement à la fin de l’été 2020 –, l’économie s’est rapidement redressée» explicite-t-on.

«Le Royaume du Maroc a démontré une réactivité remarquable face à la crise», avait noté le cabinet Deloitte dans une note de juillet 2021.

Le pays, qui compte près de 37 millions d’habitants, affichera une croissance comprise entre 5,5 % et 5,8 % en 2021. «En dépit d’un taux d’investissement parmi les plus élevés au monde, de l’ordre de 25 à 28% du PIB, qui le situe juste après la Chine, le Maroc reste sur une croissance comprise entre 3 et 3,5% sur la dernière décennie», observe un économiste qui membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD), instituée par le souverain en décembre 2019.

«Le pays coche pratiquement toutes les cases de la bonne gouvernance économique, poursuit notre source. Un équilibre macroéconomique exemplaire, un taux de change stable, un secteur financier robuste, des infrastructures de classe mondiale, des filières exportatrices performantes, un cadre des affaires qui a été grandement réformé, puisqu’en dix ans, le ranking du pays s’est amélioré de 75 places au classement Doing Business» note la source du journal.

«Économistes et sociologues attribuent aussi la non-accélération de la croissance à deux facteurs qui se recoupent: le poids des inégalités et la faiblesse du capital humain, qui trouve son origine dans les dysfonctionnements du système éducatif» précise-t-on.

«La CSMD a rendu ses conclusions au roi Mohammed VI le 25 mai. Ses travaux ont le mérite de poser un diagnostic sans concession et de proposer un ensemble de solutions auxquelles l’ensemble des partis en lice pour les élections législatives du 8 septembre ont souscrit. Elles prévoient notamment une réforme fiscale et des transferts massifs, de l’ordre de 4 % du PIB en année pleine, vers les secteurs de l’enseignement et de la santé » souligne-t-on.

Un «Big Bang» social et fiscal assorti de réformes visant à libérer l’économie pour briser les goulets d’étranglement de la croissance est l’objectif ultime des prochaines années, assure-t-on.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *