Les grands défis du prochain gouvernement marocain

Lundi, Aziz Akhannouch, patron du Rassemblement national des indépendants (RNI), a lancé des consultations pour former le nouveau gouvernement, tout en promettant qu’il serait «harmonieux et cohérent».

La nouvelle coalition, qui sera formée dans les prochains jours, devra faire face à plusieurs défis et enjeux brûlants, notamment sortir de la tranchée de la crise de la Covid-19, relancer l’économie, ainsi que parvenir à la croissance souhaitée. D’aucuns espèrent un coup de jeune symbole d’une véritable ouverture. Le gouvernement doit affronter une économie en convalescence et de profondes inégalités, ainsi qu’un tourisme vivement affecté par la pandémie.

Cette fois, le RNI profitera de la feuille de route royale et les jalons des grandes réformes annoncées par le souverain, à travers le nouveau modèle de développement, le Fonds Mohammed VI d’investissement et le projet de généralisation de la protection sociale.

Au début de ses travaux, la nouvelle coalition gouvernementale devra amender la loi de finances pour l’année 2022, qui a été préparée par le gouvernement sortant, afin de l’aligner sur sa vision pour le prochain exercice budgétaire.

En outre, le prochain gouvernement, dirigé par Aziz Akhannouch, sera confronté à des défis et problèmes liés à la santé, l’éducation, l’emploi, l’économie informelle et le soutien à l’investissement, domaines profondément affectés par la Covid-19.

De grandes attentes

Khalid Achibane, chercheur en économie, a déclaré : «Je pense que la priorité sera donnée aux dossiers de l’éducation, de la santé et de l’emploi. Les Marocains ont beaucoup d’attentes, et il ne faut pas oublier que le Rassemblement national des indépendants, qui dirigera le gouvernement, a fait beaucoup de promesses sur ces dossiers.»

En ce qui concerne les dossiers urgents, M. Achibane a expliqué dans une déclaration que «l’accélération de la reprise et de la reprise de l’économie nationale après la pandémie passe au premier plan, en plus de créer le plus grand nombre d’occasions d’emploi, et ce est principalement lié au taux de croissance économique qui ne devrait pas être nécessaire. À mon avis, il sera inférieur à 5 % au cours des prochaines années afin d’assurer une reprise complète.»

En plus d’assainir l’économie, le prochain gouvernement devra également faire face au dossier de la création d’emplois, dont les chiffres suscitent de vives inquiétudes, alors que le taux de chômage a atteint 12,8 %, selon les dernières données officielles.

Santé et éducation

Khalid Fathi, professeur à la faculté de médecine et de pharmacie et chercheur en politiques de santé, estime que «le prochain projet mondial est la santé. Il a souligné dans le même contexte que le Maroc a lancé de grands plans stratégiques, qui sont le nouveau modèle de développement, en plus du projet de protection sociale lancé par le roi Mohammed VI»

Le chercheur que l’achèvement du projet de protection sociale, qui vise à assurer une assurance maladie pour tous les Marocains, et à fournir les ressources financières, logistiques et humaines pour sa réussite, «est l’un des plus importants priorités du prochain gouvernement, à un moment où le monde se bouscule pour les ressources humaines, les vaccins et les médicaments». Pour cela, dit M. Fathi, «le nouvel exécutif doit s’assurer que les Marocains auront une autosuffisance relative à ces ressources, en plus d’exporter cette expérience vers les pays africains».

En ce qui concerne la création d’emplois, le chercheur a souligné que le Maroc «est tenu de restructurer l’économie, afin d’assurer l’harmonie entre les besoins et les exigences du marché du travail, en plus de tenir la promesse de créer un million d’emplois, ou encore sortir un million de familles de la pauvreté. Cela a été promis par le parti Istiqlal, qui pourrait participer au gouvernement.»

Impôts et investissements

Parmi les questions majeures sur lesquelles l’exécutif sera appelé à traiter d’urgence, figure également une révision du système fiscal afin d’atteindre la justice fiscale, d’assurer l’égalité et de mobiliser des ressources fiscales pour financer les politiques publiques.

A cet égard, ce que l’on appelle la «loi-cadre» définit les cinq priorités de la réforme fiscale qui devraient guider les politiques fiscales dans les années à venir, à savoir encourager l’investissement productif, réduire les disparités, parvenir à la justice spatiale, renforcer la transparence et consolider l’efficacité de l’utilisation des impôts.

Le gouvernement d’Akhannouch devra également adopter une charte d’investissement qui remplacera le cadre incitatif actuel par des mesures directes en faveur de l’entrepreneuriat afin de renforcer l’attractivité du Maroc.

Par ailleurs, le prochain gouvernement devra accompagner les grands projets lancés précédemment, comme la marque «Made in Morocco», soutenir le programme «Intilaqa» qui encourage les jeunes à être entrepreneurs, réformer les institutions publiques et la contractualisation, et améliorer la climat des affaires.

Promesses, promesses

A noter qu’Aziz Akhannouch, a déclaré précédemment lors de la campagne électorale que le programme électoral de son parti est applicable. Selon le porte-parole, le programme du Rassemblement national des indépendants, le programme du parti comprend cinq engagements et 25 objectifs.

Parmi les mesures les plus importantes annoncées par le parti qui dirigera le gouvernement, figure la création d’un revenu de dignité pour les personnes âgées de plus de 65 ans d’une valeur de 1 000 dirhams d’ici 2026, et la mise à disposition de soins de santé gratuits une assurance maladie pour les nécessiteux de cette tranche d’âge.

Le programme comprend «la fourniture d’une sécurité sociale à tous les travailleurs par la généralisation de la couverture santé, et l’ouverture du droit à une pension pour tous les travailleurs, y compris ceux qui opèrent actuellement dans le secteur informel».

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