Les leçons du coronavirus doivent servir à combattre la résistance aux antibiotiques, indique l’OMS

Les leçons apprises dans le combat contre le virus de la Covid-19 doivent servir à lutter contre un autre fléau qui menace gravement la population mondiale : la résistance aux antibiotiques, a souligné jeudi l’OMS.

L’organisation mondiale de la santé a rendu public son nouveau rapport sur les médicaments en cours de mise au point pour lutter contre les super-bactéries, ainsi nommées parce qu’elles résistent à de nombreuses classes d’antibiotiques. Et le constat de l’OMS est sombre parce qu’il n’y a que très peu de nouveaux médicaments efficaces dans les projets des laboratoires pharmaceutiques.

Mais elle estime que la mobilisation contre la Covid-19 a prouvé que des progrès rapides pouvaient être réalisés quand ils sont aiguillonnés par la volonté politique. «Les antibiotiques sont le talon d’Achille de la couverture santé universelle et de notre sûreté sanitaire», a souligné Haileyesus Getahun, chargé à l’OMS de la division résistance aux antibactériens. «Les occasions qui se présentent à la lumière de la pandémie de la Covid-19 doivent être saisies pour souligner le besoin d’un investissement durable (dans la recherche) de nouveaux antibiotiques efficaces.»

Il suggère la création d’un mécanisme mondial permettant de rassembler des fonds pour lutter contre la résistance des bactéries à l’instar de ce qui a été fait pour mettre au point des vaccins contre la Covid.

La résistance aux antibactériens n’a fait que grandir parce que les antibiotiques sont trop et mal utilisés, que ce soit dans l’élevage animal ou pour soigner les humains. Les bactéries développent alors des résistances et ne répondent plus aux traitements existants.

Il faut donc créer de nouveaux antibiotiques, mais les groupes pharmaceutiques sont réticents à investir de grosses sommes dans un secteur qui est vu comme peu rentable.

Ainsi la plupart des antibiotiques qui ont été mis sur le marché sont des classes de médicaments découvertes avant les années 80, a souligné l’organisation. Dans son rapport annuel, elle note qu’aucun des 43 antibiotiques actuellement en cours de mise au point ne permet de combattre efficacement les bactéries les plus dangereuses en circulation.

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