Les Marocains d’ailleurs : un précieux réservoir de matière grise pour les pays d’accueil

A la différence de leurs parents qui incarnaient dans les années 60 et 70, l’image de travailleurs illettrés, non qualifiés, embauchés essentiellement dans des secteurs liés aux gros travaux tels le bâtiment, l’agriculture et les mines…, nos jeunes Marocains résidents à l’étranger (MRE) aux compétences multiples, constituent aujourd’hui un véritable réservoir de matière grise typiquement marocain.
Ces Marocains de troisième génération qui aiment autant Jil Jilala que les Beatles, le tagine que la tare aux pommes, ont réussi à s’intégrer dans la société d’accueil tout en gardant la mémoire de leur appartenance socioculturelle.
Ils ont été pour la plupart élevés dans des conditions de vie extrêmement difficiles. Leurs parents étaient, dans leur majorité, analphabètes. Et c’est dans cet environnement qu’ils ont grandi et évolué en réussissant cet équilibre difficile entre deux mondes différents : l’identité culturelle et la modernité galopante qu’engendre l’essor technologique occidental.
Ils ont vécu leur enfance dans des appartements surpeuplés qui les obligent à faire leur devoir sur la table de la cuisine. Victimes de la marginalisation et du mépris, ils ont très mal supporté les discours discriminatoires, les clichés et les comportements de vigilance dont ils étaient constamment victimes.
Ils sont aujourd’hui des centaines de chercheurs, d’enseignants, d’informaticiens, de médecins, de sportifs, d’artistes et d’investisseurs qui ont réussi à s’imposer au fil des années, avec l’ambition de conquérir une place de mérite dans les sociétés d’accueil.
Plusieurs d’entre eux se laissent convaincre de rentrer au pays et de s’élancer dans des projets économiques, mais les procédures administratives peu motivantes freinent souvent leur motivation. Ils préfèrent ainsi s’imposer dans les pays d’accueil en attendant des solutions favorisant leur intégration. A ce titre, nos MRE attendent des pays d’accueil un énorme de travail pour rassurer ces jeunes qui ne se reconnaissent plus dans le regard des autres. Ils se sentent confrontés au rejet au lieu de la générosité et de la compréhension. Il faut donc fructifier toute initiative visant à reconstruire et privilégier le dialogue et le respect mutuel.
Des démarches significatives ont déjà été entamées pour ces pourvoyeurs de devise qui soutiennent activement l’économie nationale. Il s’agit de la mise en place, il y quelques années, d’une structure représentant la communauté marocaine à l’étranger sert aujourd’hui comme espace de dialogue entre les deux rives et comme force de proposition dans le grand débat sur le Maroc nouveau.

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