L’héritage malheureux de Boumediene reste cramponné à la diplomatie algérienne

La question du Sahara constitue un tabou chez nos frères algériens, et gare à celui ou celle qui osera dire le contraire de ce que le ministère algérien des affaires étrangères croit être le dogme de la diplomatie algérienne, depuis 1975.


Bien qu’Alger ait remis en cause tous les pans de la politique intérieure, héritée de Boumediene, en abolissant plus particulièrement le parti unique, la source de tous les malheurs pour l’Algérie et le Maghreb, la diplomatie algérienne s’obstine à vouloir défendre le principe de «l’autodétermination»,  surtout en ce moment, en flagrant délit de contre-vérité, lorsque l’Algérie refuse l’autodétermination de 40 millions d’Algériens, réclamée et revendiquée par le peuple algérien, depuis le mois de février dernier. La première conclusion qui s’impose d’elle-même est que le ministère algérien des affaires étrangères n’ «engage que lui-même » par ses communiqués sur ce dossier, et que l’idéologie du parti unique reste cramponnée à la diplomatie algérienne.


L’Algérie défend depuis maintenant  44 ans  l’autodétermination, militairement et diplomatiquement, au point de fermer ses frontières terrestres avec le Royaume, d’un «peuple» qui ne représente même pas la population d’une ville moyenne algérienne comme Tindouf. 
Alger  fait de ce lourd et honteux héritage de Boumediene une doctrine et un dogme et gare à celui qui ose dire le contraire, qu’il soit un responsable politique ou un journaliste. Un débat libre est interdit en Algérie sur cette question, qui a pourtant absorbé des sommes d’argent colossales supportées par nos frères algériens.


Alger a engagé une guerre fratricide avec un grand pays et un grand Etat voisin, qui existe depuis des siècles et qui, historiquement, a repoussé toutes les tentatives d’invasion arrivées jusqu’à ses frontières-Est. 
Un ancien Secrétaire général du FLN et ancien président du parlement algérien, qui a été pendant des années numéro 3 dans la hiérarchie de l’Etat algérien, est interdit de dire que la thèse officielle algérienne sur la question du Sahara est erronée, dès le départ, et que le Sahara est, historiquement marocain. 


Enfoncée jusqu’au cou dans cette histoire, Alger ne pourrait pas se déjuger par rapport à l’investissement faramineux opéré  sur le plan diplomatique et militaire, en plus de l’entretien des camps et des missions du polisario à l’étranger, ou encore vis-à-vis de ses anciens alliés, parmi les anciens pays «progressistes», «anti-impérialistes», «démocratiques et populaires» dont le Yemen, la Syrie et la Libye, pour ne citer que ces contrées, dans le monde arabe, dont tout le monde connait aujourd’hui le malheureux destin dans lequel ils sont plongés. 


Amar Saadani est lynché par la presse algérienne, dont pas un seul journaliste n’a osé faire un déplacement au Maroc, pour recueillir l’avis d’un peuple voisin, dont plusieurs nationalistes avaient fait la guerre pour l’Algérie. La diplomatie algérienne connait le danger et les graves risques d’un débat libre en Algérie sur la question du Sahara, auquel pourraient donner lieu les déclarations de Saadani : tout simplement  l’effondrement de la thèse officielle algérienne.

*journaliste et écrivain

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