L’IA va façonner l’avenir de l’Afrique, selon Hajar Mousannif

L’enseignante-chercheure en intelligence artificielle (IA), Hajar Mousannif, a remporté le « Global AI Inclusion Award », organisé par le réseau mondial Women Tech, qui récompense les femmes qui rayonnent à l’international dans le domaine des hautes technologies.

Contactée par Barlamane.com/fr, la professeure de maching learning et d’analyse de données massives à l’université Cadi Ayyad de Marrakech souligne qu’elle ne s’attendait pas à recevoir ce Prix.

« Cette consécration est une reconnaissance de mes efforts et de mes réalisations avec mon équipe d’IA, que ce soit en matière de création de technologies inclusives ou en termes de recherche scientifique et de promotion d’un environnement technologique de diversité », a-t-elle déclaré.

Rappelons que cette chercheuse en intelligence artificielle a précédemment reçu plusieurs prix et distinctions, notamment le Prix l’Oréal-UNESCO « For Women In Science » et le « Emerald Literati Prize for Excellence ».

Hajar Moussannif est une passionnée d’IA et d’innovation. Elle est titulaire d’un doctorat national et d’un diplôme d’ingénieur d’état en informatique. « Mes intérêts de recherche portent sur l’IA forte, les big data, le machine learning et les objets connectés. J’ai publié plusieurs publications scientifiques portant sur ces technologies », a-t-elle souligné. La gagnante du prix « Global AI Inclusion Award », organisé par le réseau mondial Women Tech, est aussi membre des comités de programme et scientifique de plusieurs conférences internationales. Elle détient aussi des brevets d’invention pour ses recherches en IA.

« J’ai commencé mes premiers pas en recherche en IA avec un projet d’un smartphone émotionnellement intelligent qui permet d’identifier les sentiments et humeurs de son utilisateur. Il collecte ainsi des données liées aux expressions du visage, à la tonalité de la voix, aux textes entrants et sortants afin de révéler l’état émotionnel de son utilisateur. J’ai également produit une chaise intelligente qui évalue la compréhension des étudiants et un assistant de conduite anti-accidents », raconte-t-elle à Barlamane.com/fr.

Abordant sa dernière collaboration avec l’UNFP (NDLR : le Fonds des Nations unies pour la population s’est associé à SHAMA le premier robot-femme 100% marocain pour le lancement de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre), Hajar Moussannif note que « ce partenariat vise à explorer les moyens de l’intelligence artificielle dans la lutte contre toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et des filles ».

« Notre collaboration ne porte pas seulement sur ce robot, nous comptons également explorer l’IA dans la réalisation de chatbots qui ciblent les femmes victimes de violences et de harcèlement », fait-elle savoir.

S’agissant de l’avenir de l’IA en Afrique, l’experte souligne que l’intelligence artificielle a fait une percée significative sur le continent. Elle la considère comme un moteur de transformation sociale et de croissance économique. « Je pense que l’IA est notre chance, et peut-être, d’ailleurs, notre dernière chance (…) Avec l’IA, nous pouvons tout faire. Il s’agit d’une discipline transversale que nous pouvons utiliser dans n’importe quel domaine (la médecine, la culture, la prise de décision…) », affirme-t-elle.

Pour elle, l’intelligence artificielle a très logiquement sa place en Afrique étant donné que le continent doit relever de nombreux défis qui sont souvent au cœur de l’IA. « C’est même l’avenir de l’Afrique », a-t-elle conclu.

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