L’opportunisme de Benkirane

Chez Abdelilah Benkirane, l’ex-chef des barbus, l’opportunisme n’a pas de limites dès qu’il s’agit de soigner son image et de se positionner pour un éventuel retour aux commandes.

L’ex-chef du gouvernement marocain vient de se distinguer par une sortie médiatique sur la loi-cadre sur l’éducation et la formation qu’il a qualifiée de tous les noms et tançant au passage son successeur Saadeddine El Othmani et les députés du parti de la justice et du développement.

Benkirane croit dur comme fer que les Marocains ont la mémoire courte au point d’oublier si vite que ladite loi-cadre a été initiée sous son mandat à la primature avec l’apport de ses ministres de l’éducation nationale successifs, Mohamed El Ouafa et Rachid Belmokhtar. N’est-ce pas Mohamed El Ouafa qui a usé de tous les subterfuges pour adopter, tacitement et intelligemment, cette loi, lors de la rentrée scolaire de 2013-2014, en optant pour le recours aux langues étrangères notamment au niveau des troncs communs sous l’appellation «Le Baccalauréat International», dont a bénéficié la première promotion en 2016?

Cette décision décision a été expérimentée au niveau de six académies, à raison de six  lycées par région, dont les statistiques démontrent que le nombre des lycéens, dans le secteur public, inscrits au Baccalauréat International, a passé de 408 en 2013, à 57.769 en 2017, et dans le secteur privé de 146 à 28.768 lycéens. Abdelilah Benkirane, a-t-il oublié que la dénomination «Baccalauréat International» a été adoptée par son gouvernement comme couverture pour enseigner les matières scientifiques en langue française, afin d’éviter les mauvaises interprétations et l’opposition des différents intervenants?

N’est-ce pas Rachid Belmokhtar, ministre de Benkirane, qui, poursuivant ce procédé, a établi un note-cadre du projet d’enseigner les matières scientifiques en langues étrangères ? Ce double discours d’Abdelilah Benkirane reflète sa schizophrénie et sa quête désespérée de revenir à tout prix aux devants de la scène politique nationale d’où les Marocains, son propre parti en tête, l’avaient chassé. L’ex chef du PJD veut-il nous faire oublier qu’il était le propriétaire de l’établissement scolaire «Ard Assalam 1» à Salé (enregistré actuellement au nom du président du mouvement unicité et réforme, Abderrahim Cheikhi), qui a adopté ce choix pour les élèves du secondaire au titre de l’année scolaire 2018-2019.

Les observateurs sont catégoriques : cette loi-cadre a été appliquée graduellement lors du mandat d’Abdelilah Benkirane sans que ce dernier, de par son poste de chef de gouvernement, ne s’oppose à son adoption à travers trois étapes, à savoir l’expérimentation, le développement et l’orientation. Non monsieur Benkirane, les Marocains n’ont pas oublié tes promesses mielleuses non tenues, tout comme il ne sont pas près d’oublier ta retraite exceptionnelle complémentaire de 7 millions de centimes par mois qui s’ajoute à d’autre pensions.

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