Maroc-modèle de développement : dix-sept mesures pour un véritable redémarrage de notre pays

Notre pays, dont nous tirons tous une grande fierté, est confronté à de sérieux problèmes économiques et sociaux, qui se traduisent notamment par une forte augmentation de la dette extérieure et donc la limitation de nos moyens d’action, des fléaux sociaux graves comme la mendicité, de nouvelles formes de la criminalité (armes blanches ), des gardiens de voitures agressifs et voraces dans pratiquement les rues de toutes les villes, la marginalisation des populations rurales, qui sont toujours mal logées, privées dans plusieurs cas, d’eau et d’électricité et des services de soins, le chômage des diplômés et des jeunes, les bidonvilles…outre certains autres fléaux graves, comme la drogue, la pédophilie et la prostitution …  

Ces fléaux se sont  paradoxalement amplifiés, en dépit des efforts gigantesques déployés, au cours de ces dernières années, dans le domaine de la sécurité, de l’éducation par la création de pôles universitaires dans plusieurs régions, de la formation professionnelle, grâce à la mise en place d’un vaste réseau et de structures de formation diversifiée, et l’insertion des personnes aux besoins spécifiques. Si les résultats sont tangibles, dans tous ces domaines, il  reste que la pauvreté et la précarité demeurent encore assez préoccupantes, principalement en milieu rural ou dans la périphérie des grandes villes où subsistent toujours des bidonvilles, y compris au cœur de Salé, ville jumelle de Rabat.

SM le Roi en fait le constat désolant dans ses deux derniers discours de cet été. Le gouvernement marocain devrait, à mon avis, rechercher des réponses valables à l’extension anarchique de plusieurs villes marocaines, et stopper ce phénomène, dommageable à l’harmonie de nos cités. Toute réforme, qui ne prendrait pas en compte ces problèmes et qui ne tendrait pas à juguler ces fléaux et maux sociaux, serait inéluctablement vouée à l’échec. Il faut qu’on convienne que la mendicité est largement répandue dans le pays et qu’elle entache son image, tant à l’intérieur qu’à l’étranger.

Notre pays compterait quelques 200.000 mendiants dont 40.000 dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer.  Comme ces «gilets jaunes» marocains, qui ont investi toutes les rues, en parallèle avec les parcmètres parfois. Il est bien évident que les images de certains compatriotes, vivant dans les zones rurales ou dans les montagnes, diffusées sur la toile, sont choquantes  pour  nombre de marocains. On se croirait encore au moyen-âge.

L’écart, par rapport aux grandes villes, est criant. Des déséquilibres sociaux et régionaux graves, soulignés par le souverain, dans ses discours du trône et de la révolution du Roi et du peuple. Des écumeurs de poubelles, de plus en plus nombreux, viennent noircir encore davantage ce tableau déjà sombre. Toutes ces images ne sont naturellement pas de nature à promouvoir le tourisme national et international, en dépit des immenses atouts naturels, historiques et géographiques de notre pays, parfois entravés aussi par une hausse inexpliquée des services des transports et d’hébergement.


Voici  une contribution à la réflexion engagée dans le pays pour l’élaboration d’un nouveau modèle de développement, plaidé par le souverain dans ses derniers discours du trône et de la Révolution du Roi et du peuple. Il s’agit d’un  ensemble d’actions et de mesures qui me paraissent indispensables et urgentes, pour amorcer un changement dans notre pays, établir une bonne gouvernance, rétablir la justice sociale, limiter le train de vie excessif de l’Etat, améliorer le sort et le destin de nos compatriotes dans le besoin, réduire les écarts régionaux et humains :


1-Suppression total du parc auto de l’Etat. Désormais, l’Etat ne fournira plus de voitures de service personnelle à aucun fonctionnaire, quel que soit son grade,  quelle que soit sa fonction  et quel que soit le secteur. Il se déplacera par ses propres moyens. Le Maroc dispose d’un parc auto de l’Etat supérieur à celui de l’Allemagne, quatrième puissance mondiale.   
2-Interdiction de l’urbanisation des terres agricoles ou à vocation agricole. Nous assistons, avec beaucoup de désolation, à la conquête urbanistique de vastes périmètres agricoles ou à vocation agricole. Nous sommes en voie de réduire notre parc de terres agricoles. Stopper la construction sur les terres agricoles.


3-Le Maroc a crée une multitude d’institutions, qui mènent des tâches parallèles à celles des départements ministériels, grevant ainsi le budget de l’Etat. Il s’agit de fondations, de conseils supérieurs (éducation, communauté marocaine à l’étranger, conseil national de la presse…). Ces institutions participent à la dispersion des énergies et des moyens d’action des départements ministériels.     
4-Réduire le nombre de députés et de conseillers. Le Maroc devrait réduire les charges des assemblées représentatives, abroger les pensions à vie des députés et des ministres, et stopper le faste et les dépenses de prestige des députés. Ramener le nombre à 150 députés et 50 conseillers.


5-Réduire et limiter les avantages accordés aux ministres et hauts fonctionnaires. Supprimer les caisses noires, restreindre les cabinets,  limiter le nombre des voitures affectées aux ministres ainsi que les frais de représentation et les dépenses domestiques…faire participer les ministres aux frais de logement de fonction. L’Etat ne devrait en aucun cas, fournir de logement de fonction aux hauts fonctionnaires, quels que soient leur rang,  leur titre, et le secteur d’activité. L’Etat devrait aussi stopper les cessions des biens de l’Etat à titre symbolique aux fonctionnaires et autres. Le gouvernement marocain ne devrait pas excéder 15 portefeuilles ministériels, en plus du chef du gouvernement. L’Allemagne, quatrième puissance mondiale, dispose d’un gouvernement de 16 ministres, y compris le chancelier. L’Allemagne s’est imposée ce seuil depuis des lustres.

6-Suspendre l’octroi des agréments, tous secteurs confondus (mines, transport, carrières, sable )  aux non professionnels, comme les athlètes, les chanteurs, les comédiens, pour restaurer la justice sociale et l’égalité des chances, plaidées par le souverain. 
7-Accorder la priorité absolue aux secteurs de l’éducation nationale et de la santé, en instaurant des pôles régionaux de santé, dotés de tous les moyens, avec une forte implantation dans les zones rurales et reculées. Le secteur de l’éducation, bien qu’il absorbe 20 pour cent du budget de l’Etat,  et en dépit des infrastructures mises en place dans l’ensemble du pays, soulève de sérieux problèmes de qualité. En dépit de tout l’effort consenti, plus d’un million d’enfants marocains ne sont pas scolarisés. Parallèlement, mettre un terme à la politique  des mutuelles d’assurance maladie. Cotiser pendant toute sa carrière professionnelle pour se voir rembourser une participation dérisoire de la CNOPS. En Europe, les remboursements sont entiers à cent pour cent. C’est cela qu’on peut appeler fièrement une couverture médicale. Revoir la politique des mutuelles d’assurance médicale.

8-Arrêter un programme et un plan à court terme pour le remboursement de la dette extérieure, laquelle avoisine actuellement les 33 milliards de dollars,  et donc développer les moyens d’action de l’Etat et renforcer son autonomie et son indépendance. Utiliser de manière efficiente les ressources minières et halieutiques du pays. La dette extérieure absorbe 30 pour cent du PIB.
9-Engager une réflexion sur le modèle de développement, qui puisse nous préciser des perspectives d’emploi pour les diplômées chômeurs, les autres chômeurs à vie, la couverture médicale et sociale, le logement décent pour les paysans et la scolarisation de leurs enfants (directive royale dans son discours du 20 Aout), l’éradication des bidonvilles, la lutte contre la mendicité. Etablir un programme d’alphabétisation. Il est franchement honteux qu’un pays comme le Maroc, indépendant depuis 75 ans, compte encore 30 pour cent d’analphabètes parmi sa population. Il est également indigne de notre pays que certains de nos compatriotes continuent au XXIeme siècle de tendra la main aux autres et de mendier. 

10-Moderniser l’administration pour mettre un terme à la corruption, à la lenteur des prestations administratives, en utilisant au mieux l’outil informatique.Les marocains, dans l’ensemble, et quelle que soit leur catégorie sociale, font preuve d’un manque flagrant de civisme, sur les routes, dans les plages ou lorsqu’il s’agit de faire des files dans l’administration ou les banques. Certains marocains n’aiment pas faire les files, y compris les immigrés une fois au Maroc, et rouspètent évidemment lorsqu’ils sont rappelés à l’ordre. Il s’agit bien évidemment d’un handicap majeur et d’un obstacle à tout effort de l’Etat, car rien ne peut se faire dans le désordre et l’anarchie. Pour avancer, les marocains devraient apporter leur contribution à cet effort, en respectant les feux rouges, grillés à cent à l’heure, dans le périmètre urbain, et les lois du pays. Nous devons, tous, faire preuve de comportements civilisés, une fois au volant de nos voitures, et nous interdire de jeter nos poubelles depuis les vitres. Nous devons aussi tempérer notre égoïsme, car certains automobilistes n’aiment pas du tout qu’on leur fasse des remarques et observations. Il en va de même des piétons, qui traversent les rues aux endroits non recommandés. Ce comportement, sous développé, disons-le franchement, constitue un obstacle sérieux à tout effort d’émancipation et de développement.


11-Mettre en œuvre les recommandations de la Cour des comptes, en activant les procédures judiciaires de poursuites contre la dilapidation des deniers publics et la mauvaise gestion et l’évasion fiscale.
12-consolider le processus démocratique de manière à  garantir des élections libres et transparentes, la liberté d’expression et le respect des droits humains, avec comme objectif à terme, une démocratie pleine et entière, où le chef du gouvernement,  issu des élections, assume l’entière responsabilité dans la gestion des affaires du pays, et met en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Ce qui confère à l’alternance sa véritable dimension politique.
13-Instaurer une taxe symbolique pour l’accès au territoire national, destinée au financement de programmes sociaux en faveur des enfants de  l’immigration marocaine, pendant leurs vacances d’été au Maroc et en dehors de cette période, afin de consolider leurs liens avec le pays d’origine. Supprimer l’enseignement de la langue arabe au profit des enfants de l’immigration, connaissant la médiocrité des résultats enregistrés et  favoriser la création de centres culturels marocains à l’étranger. Revoir totalement la stratégie des missions provisoires des oulémas marocains en Europe.

14-Etablir un contrôle rigoureux de la fiscalité, de manière à ce que, tous les marocains, quelle que soit leur position, s’acquittent de leurs obligations fiscales, sans aucune exception, ni dérogation.
15-Consolider le rôle de la presse et soutenir la liberté d’expression dans le pays. La presse pourrait ainsi et de manière effective, apporter une forte contribution à la consolidation de la justice, à la lutte contre la corruption, au respect des droits humains.
16-Mettre en place une Fondation nationale des cimetières, qui puisse rétablir le respect dû aux morts et organiser la gestion des cimetières, en faisant appel au concours d’architectes et d’ingénieurs, pour en faire des espaces de la Rahma au niveau de l’environnement et de l’aménagement de l’espace. Engager une réflexion sur les sources de financement de cette fondation. Dans le secteur de l’éducation, publique et privée, et dans le domaine cultuel, il est impératif de se donner instamment comme objectifs prioritaires :-œuvrer désormais à ce que l’ouverture d’établissements scolaires et universitaires puisse répondre aux exigences d’implantation sur de grandes artères, garantissant la fluidité de la circulation automobile, ainsi que de parkings spacieux.-la construction de nouvelles mosquées devrait pour sa part, être assortie de la construction de parkings immenses souterrains ainsi que de grands espaces verts, jouxtant de grandes artères. La construction des mosquées devrait aussi répondre aux besoins d’innovation, de créativité et d’imagination en matière architecturale, pour sortir du schéma traditionnel dans lequel nous avons confiné les édifices cultuels. 

17-Développer l’élevage et les cultures pastorales sur les grands espaces semi-arides de l’est et du sud du pays, en s’appuyant sur la coopération internationale avec les pays ayant ^des ressemblances climatiques et du sol.

*journaliste et écrivain

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