Marocains bloqués à l’étranger : ils méritent la même protection que leurs compatriotes sur le territoire national

Je ne me concentrerai pas sur l’immense décalage entre les chiffres avancés par le chef du gouvernement au parlement, lundi dernier, qui est de 7.000 à 7.500 marocains bloqués à l’étranger, et celui communiqué par Fouad Yazough, ambassadeur, directeur au ministère des affaires étrangères, qui est de plus de 18.000 (2M). 

Un décalage de près de 12.000 ! Ou bien le Chef du gouvernement est mal informé, ou par contre, il s’est produit un mélange de chiffres, dans son esprit. Plus grave, la communication ne fonctionnerait-elle pas entre les différents départements gouvernementaux ? 

Mais, à mon avis, le problème n’est pas là !  Qu’ils soient 7.000 ou 18.000 Marocains, bloqués à l’étranger, depuis la mi-mars. Il s’agit de nos compatriotes, qui se sont retrouvés involontairement dans une cette situation, et qui devraient être en toute logique, rapatriés dans leur pays, les avions de RAM étant immobilisés aux aéroports marocains, et pourraient ainsi être mobilisés pour cette cause. 

Saadeddine El Otmani qui, au début de la pandémie, souhaitait la bienvenue aux ressortissants marocains établis en Italie, qu’ «il invitait à rentrer chez eux, sans problème», se contredit aujourd’hui, en leur demandant de «patienter encore pour quelques semaines». 

Je pense personnellement qu’il est de leur droit absolu de réclamer leur rapatriement au Maroc et que bien évidemment, les pouvoirs publics sont tenus de porter secours aux Marocains, dans ce contexte de grave pandémie dans les pays ou nos compatriotes se sont retrouvés, par un simple hasard de calendrier.

Si nous nous réjouissons des mesures de prévention et de protection prises par les pouvoirs publics pour secourir les Marocains et les protéger, sur le territoire national, en adoptant un ensemble de mesures qui se sont révélées efficaces et positives, il va de soi que nos compatriotes bloqués à l’étranger doivent bénéficier de la même protection, et qu’ils ne doivent nullement être abandonnés à leur sort. Pourquoi tenter de financer leur séjour et leur existence, partiellement, dans des pays étrangers et refuser de les rapatrier, par vagues successives, suivant un calendrier étalé dans le temps, et les confiner dans des hôtels, des internats, ici au Maroc, dans leur pays, avant de les soumettre au contrôle médical ?

Dans le cas contraire, nous serons les seuls, probablement, au monde, à refuser de rapatrier nos compatriotes ! Il est à priori exclu qu’ils soient tous soupçonnés de porter le virus de Corona. Il n’est pas trop tard de rattraper le temps perdu et de songer sérieusement à rapatrier nos compatriotes, mettre fin à l’enfer qu’ils vivent à l’étranger et alléger les souffrances de leurs familles dans le pays. Le Maroc a maintenant les moyens de les confiner, pour quelque temps, pour s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs du virus, en mobilisant des équipes médicales à cet effet. Le Maroc a rapatrié ses enfants de Uhan en Chine, le premier foyer au monde du Coronavirus et refuse de faire de même pour des Marocains, non résidents à l’étranger, qui se trouvent, dans certains cas,  à quelques encablures des côtes marocaines ! Le gouvernement assume l’entière responsabilité dans cette affaire. Même en supposant qu’ils soient tous infectés, ce qui n’est pas le cas, nous ne pouvons pas les empêcher de rentrer dans leur pays, chez eux. Nous devons par contre prendre toutes les précautions, pour les accueillir.

*Journaliste et écrivain

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