Minyadina: Le tapis marocain s’enfonce dans les difficultés

Aujourd’hui, des pays comme le Pakistan et l’Inde concurrencent le Maroc sur le tapis. Le travail difficile, très prenant et peu rémunérateur des travailleuses de tapis, ne les encourage pas à poursuivre ce métier. D’après Abdelaziz Rghioui, Ex directeur régional de l’artisanat, l’engouement des jeunes pour le métier d’artisanat en général faiblit. Les centres de formation sont quasiment vides.

Absence de produits adaptés, manque d’entreprises structurées capables de produire en quantités pour répondre à la demande de chaînes de magasins européens et américains, problèmes de capacité de production… Ce sont là les principales raisons de la faiblesse des exportations évoquées par les professionnels lors de la conférence tenue aujourd’hui, en marge du salon professionnel d’artisanat Minyadina.

Les principaux thèmes abordés lors de cette conférence ont porté successivement sur l’histoire du tapis, la technique et l’esthétique, l’anthropologie du tapis, et les problèmes de commercialisation, notamment les obstacles et les blocages auxquels se heurtent les exportations du tapis.

Abdelaziz Rghioui, Ex directeur régional de l’artisanat, a indiqué que le tapis marocain est en chute libre face à la concurrence du pakistan et de l’Inde. Cet expert nuance toutefois cet état de fait : «le problème réside dans le manque de main-d’œuvre qui nous empêche de suivre le rythme des commandes». Pour cela, des centres de formation ont bel et bien été créés, mais il semble qu’ils ne séduisent pas encore beaucoup de jeunes.

le Maroc exportait 2 millions de m2 de tapis par an. Malgré la forte demande au niveau international notamment à la bourse mondiale à Demotex du tapis en Allemagne, ce volume est tombé à moins 100 000 m2. Beaucoup d’ateliers ont fermé à cause notamment de la baisse vertigineuse de la main-d’œuvre disponible et qualifiée», déplore Hassan Rghioui.

Pour sa part, Karim moufaddal, directeur de la société Mocary, a souligné que la tapisserie étant par nature un gros consommateur de main-d’oeuvre, la faible rémunération de celle-ci constitue l’un des facteurs de sa compétitivité. Le marché est demandeur, mais la main-d’œuvre manque.

Les salaires des ouvriers y atteignent à peine le Smig, la durée du travail extensible à volonté, l’emploi de mineurs sous-payés, l’inexistence de la couverture sociale, et la liste peut être rallongée, a fait observer le directeur de Mocary.

En attendant que l’appel soit entendu, le tapis traditionnel marocain vit des jours sombres, malgré une puissante demande domestique exprimée par les mosquées, les villas et l’hôtellerie.

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