Mort de Jamal Boushaba, journaliste, poète et critique d’art, des suites de la Covid-19

Nous apprenons la mort, survenue mardi 20 avril à Casablanca après une brève maladie, liée à la Covid-19, du critique d’art et journaliste Jamal Boushaba. Une grande figure issue d’une famille engagée dans la création culturelle et littéraire.

Le coronavirus a emporté un des critiques d’art les plus emblématiques du Maroc. Jamal Boushaba est mort dans la nuit de lundi à mardi 20 avril, à Casablanca, à l’âge de 56 ans, où il résidait, ont annoncé sa maison d’édition et ses proches. Cet immense acteur culturel était un homme multiple. Malgré la diversité de ses activités, la même passion semblait toujours guider sa démarche qu’il appelait « la vérité du beau», ou le souci d’accueillir «ce que la vie a d’essentiel».

Les fines lunettes rondes rappellent, elles, une vie de labeur ininterrompu, dans laquelle le coup d’œil jouit d’un rôle central. Après des études en arts plastiques, Jamal Boushaba a fondé Les alignés, premier mensuel marocain d’art au début des années 1990. Au cours de sa longue carrière, Jamal Boushaba a pris part à des expositions pour nombre d’institutions culturelles nationales et internationales.

Jamal Boushaba a été critique d’art pour plusieurs journaux et revues comme TelQuel et autres. Il a également été chroniqueur pour la radio traitant de l’art et de ses produits. M. Boushaba n’était pas critique par occasion improvisant sur les œuvres contemporaines des arrêts formulés en termes imprévus, il a consacré sagacité artistique à discuter ou à rétablir des dates, à exhumer des actes authentiques, à publier des fragments de correspondance et des textes historiques inédits. Rien de mieux, particulièrement au Maroc, où tout ce qui tient à l’histoire de l’art a été si longtemps négligé et demeure encore méconnue.

Avec Champ de nuit (2021), M. Boushaba a choisi de s’exprimer aussi à travers la poèsie. Un livre romanesque qui campe, dans un style à la fois sobre et lyrique, des vécus individuels et collectifs, pour dire sa foi en le monde.

«Champs de nuit», Jamal Boushaba, Le Fennec, 144 p., 148 MAD.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *