Passe sanitaire obligatoire : un casse-tête qui se profile

Le rôle du passe vaccinal est de permettre à l’écrasante majorité des Marocains qui sont vaccinés, de reprendre une vie presque normale, en attendant une immunité collective plus large et la fin de la pandémie de Covid-19, a affirmé Tayeb Hamdi, médecin chercheur en politiques et systèmes de santé.

L’exécutif, qui a écarté de rendre la vaccination obligatoire, a fait du passe sanitaire un nouveau pilier de sa stratégie anti-Covid, provoquant depuis quelques jours des commentaires contrastés. Ce document concernera, à partir de jeudi, plusieurs lieux de la vie quotidienne des Marocains : commerces, restaurants, cinémas, hôpitaux ou encore transports. Cette mesure sera mise en place malgré la contestation qui prend forme sur les réseaux sociaux.

Le passe vaccinal permet également de protéger les non vaccinés eux-mêmes, leur entourage et la population générale du risque qu’ils représentent, a expliqué Dr Hamdi dans une analyse. “Une personne non vaccinée court un risque 11 fois plus élevé de décès, et 10 fois plus de forme grave de Covid 19, et propage beaucoup plus le virus que si elle était vaccinée. Des études ont montré que sur 100 décès par Covid-19, 99,5 % sont non vaccinées”, a détaillé Tayeb Hamdi.

Le chercheur en politiques et systèmes de santé a tenu à rappeler, dans ce cadre, que le Royaume a consenti – avec beaucoup de succès – d’énormes sacrifices et d’efforts pour juguler au mieux la pandémie et disposer de vaccins en temps opportun et en quantités suffisantes. Il les a mis gratuitement à la disposition de la population.

Il a précisé que plus de 4 adultes sur 5 sont déjà vaccinés. La vaccination des 12-17 ans avance à grands pas, la troisième dose avance également.

M. Hamdi a jugé “aberrant” de laisser la population dans sa totalité sous les contraintes des mesures restrictives, en attendant la fin de la pandémie. Selon lui, l’alternative logique serait d’alléger et même supprimer certaines mesures pour la population des vaccinés, ce qui permettrait un retour à une vie presque normale pour plus de 30 millions de marocains, en attendant que les autres les rejoignent.

L’instauration du pass vaccinal encourage par ailleurs les personnes hésitantes ou négligentes à prendre la bonne décision, a-t-il estimé.

La stratégie de riposte se base sur la réduction maximale du risque de propagation du virus et des cas graves, vu l’impossibilité d’éliminer le virus. Le pass vaccinal contribue largement à cette réduction, souligne Dr Hamdi, ajoutant que le pass vaccinal pourra constituer une étape vers la levée quasi totale des restrictions sous certaines conditions, dont une plus haute couverture vaccinale de la population générale, une maitrise avancée de la situation épidémique et un large respect des recommandations sanitaires de la part de la population.

En attendant, la vaccination, en l’absence de traitements efficaces, “reste notre seul espoir et outil de continuer dans l’amélioration de la situation épidémiologique, la baisse de nouveaux cas de Covid-19, du nombre d’hospitalisations et d’admissions en réanimation, et de décès. C’est aussi un rempart contre les éventuelles prochaines vagues”, a-t-il soutenu, assurant que l’accélération de la vaccination est “notre chemin le plus sûr et le plus court vers une reprise de la vie normale avec plus de libertés, d’activités sociales, économiques et scolaires”.

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