Rencontres Africa : l’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 1,6% à la valeur ajoutée manufacturière mondiale

L’industrialisation prend du retard en Afrique. La dépendance vis-à-vis du secteur primaire et de l’exportation des matières premières est encore très grande. Toutefois, on remarque que depuis quelques années, le secteur manufacturier opte pour la digitalisation et l’industrialisation 4.0. Lors de la 4ème édition des « Rencontres Africa », un atelier axé sur la révolution digitale, l’industrie 4.0 et l’économie du savoir a connu la participation de Lahcen Hadad, ancien ministre du Tourisme, professeur universitaire et parlementaire avec la modération de Mohammed Derrabi, économiste et directeur Campus Toulouse Business School.

Pour Mohammed Derrabi, économiste et directeur Campus Toulouse Business School, l’Afrique a pris beaucoup de retard en ce qui concerne l’industrialisation étant donné que le continent africain s’est focalisé sur l’exportation des matières premières à l’état brut sans donner la moindre importance à l’industrialisation, au contraire d’autres régions du monde,  Asie du Sud-Est en tête, qui se sont basé davantage sur le secteur d’industrialisation. Cependant, depuis quelques années, le secteur manufacturier a pris un nouveau tournant : celui de la quatrième révolution industrielle. « L’automatisation des pratiques devient réalité », a-t-il indiqué. D’après lui, « l’Afrique n’a pas, actuellement, le droit de rater de défi d’industrialisation 4.0 étant donné que les processus et les techniques changent et incluent de plus en plus le numérique dans toutes les créations ».

Pour sa part, Lahcen Hadad, ancien ministre du Tourisme, professeur universitaire et parlementaire, a indiqué que l’industrie 4.0, la digitalisation et l’économie du savoir sont reliées. L’industrie 4.0 est une chance pour l’économie et pour l’Afrique, a-t-il relevé. « Le seul souci est de trouver comment on peut contribuer à la création de la valeur ajoutée en Afrique par le biais de l’industrialisation puisque l’industrie crée de la valeur ajoutée, encourage l’innovation et contribue à la consolidation de la recherche du développement« , a-t-il déclaré tout en précisant que la révolution industrielle est en train de bousculer les vieilles habitudes en créant un nouveau modèle industriel. Par la suite, M. Haddad a noté qu’il est important de comprendre cette quatrième évolution industrielle pour que l’Afrique puisse relancer son économie.

S’agissant de la valeur ajoutée manufacturière (VAM) en Afrique, M. Haddad a fait savoir qu’elle est « très en retard par rapport à d’autres régions ». Les pays africains ont, pour le moment, des capacités industrielles limitées et une forte dépendance aux matières premières. D’ailleurs, au cours des trois dernières décennies, la VAM a connu un pic de 19% en Afrique du Nord en 2003 et a reculé de 14%  à 10% en Afrique subsaharienne. Il s’avère que l’Afrique a la plus faible contribution à la VAM mondiale, soit environ 1,6% en 2015. Hormis l’Afrique du Sud et les pays de l’Afrique du Nord, la contribution à la VAM mondiale n’est plus que de 1%.  En outre, 80% de la VAM africaine est liée soit aux ressources naturelles, soit aux activités professionnelles à faible intensité technologique. Toutefois, malgré ces chiffres homéopathiques, il faut savoir que la VAM africaine continue de baisser sans cesse.

Quant aux défis majeurs de l’industrialisation en Afrique, M. Haddad a noté que les économies africaines dépendent principalement des matières premières. Cette dépendance aux exportations de matières premières reste l’un des principaux facteurs de fragilité économique, a-t-il relevé tout en indiquant que les pays africains ont une capacité limitée à dégager des gains de productivité. Ainsi, afin d’enclencher une sorte de « rattrapage industriel en Afrique », le professeur universitaire indique qu’il est important de s’appuyer sur les technologies de la révolution industrielle 4.0 pour dégager des gains de productivité, améliorer le niveau de compétitivité et mieux s’intégrer sur la chaîne de valeur. Il faut également créer les conditions nécessaires à l’amélioration du climat des affaires en proposant un environnement attractif pour les investisseurs étrangers.

Pour rappel, les « Rencontres Africa » se poursuivent jusqu’au 22 octobre au Maroc puis les 24 et 25 à Diamniadio au Sénégal. Durant cette quatre jours d’échanges, les participants auront l’occasion d’étudier les différentes opportunités d’investissement dans différents secteurs stratégiques en Afrique.

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