Rosa Moussaoui, entre battage et racolage

Rosa Moussaoui s’est réduite à composer des traités de propagande antimarocains d’où elle bannissait, autant qu’il lui était possible, toute lucidité. Joseph Staline est mort, mais le Père des peuples peut compter sur ses petits-enfants.

Un papier qui porte comme titre «Au pied du mur de sable, un cri de liberté dans le fracas des armes», réalisé depuis les «territoires libérés (sic !) du Sahara occidental» par la rabatteuse Rosa Moussaoui. Les événements de Guerguerat ? «Les troupes marocaines s’étaient déployées pour chasser des civils (sic !) sahraouis bloquant une route (illégalement) construite par Rabat par laquelle transitent, vers la Mauritanie, les ressources agricoles et halieutiques exploitées dans les territoires occupés (sic!) de l’ex-colonie espagnole.» Rosa Moussaoui n’échappe ainsi pas à cette tyrannie de l’artifice et de la rhétorique douteuse qui lui donne on ne sait quoi de mesquin et d’étriqué. L’Algérie, partie prenant du «conflit» ? citée négligemment quatre ou cinq fois.

Mieux : on apprend des choses avec Rosa Moussaoui, par exemple : «Les listes électorales d’un référendum d’autodétermination sont prêtes» (alors que l’Union européenne dénonce la surestimation du nombre des réfugiés de Tindouf ?) ou encore, cette pépite : «Dans l’éprouvante vie des camps où tout est étroitement compté – l’eau, les vivres et tous les produits de première nécessité –, les femmes tirent d’un quotidien de privations des miracles, s’affirment, le verbe haut, sur la scène sociale et politique», beau comme du Goebbels. Quid du rapport rédigé par l’Office anti-fraude de l’Union européenne (UE) qui pointe un détournement bien organisé depuis des années de l’aide humanitaire accordée aux réfugiés sahraouis des camps de Tindouf en Algérie ? De l’enquête européenne qui a découvert que «ce sont des prisonniers, de guerre ou civils, qui sont utilisés par le Polisario et l’Algérie pour la manutention de l’aide et la construction de bâtiments financés par l’aide internationale» ? De l’entassement des détenus à Tindouf dans des geôles infectes, et ces grilles derrière lesquelles les prisonniers anti-Polisario sont séparés de la communion du monde ? De ces opposants Sahraouis que le régime algérien s’ingénie à supplicier, qu’il enferme, qu’il soumet à un absurde régime de contrainte, qu’il mène à la mort de l’âme avant de les mener à la mort corporelle ? Rosa Moussaoui choisit bien quoi ne pas démontrer.

Il ne s’agit pas d’un reportage, mais d’un défilé de figures, les unes odieuses et les autres grotesques, sinistres, risibles, sans foi et sottes, et d’un ramassis de clichés. Donner la parole à des criminels qui s’enorgueillissent de leurs méfaits comme des voleurs qui s’enorgueilliraient de leurs vols, de leur avidité et de leur cruauté est d’une insolence inouïe. Pour le bien-être de tous ces satisfaits du Polisario, souffrent des centaines de milliers d’êtres humains dans des camps infâmes en Algérie. Afin de les maintenir dans cet état d’oppression, il faut des instruments de servitude, des mensonges, des approximations. Rosa Moussaoui s’occupe du sale boulot.

On n’a sans doute pas à s’embarrasser du tapage que mène l’admiration bruyante et vaine de Rosa Moussaoui pour une milice séparatiste, dont certains membres sont des terroristes confirmés ; mais ce qu’on ne saurait lui permettre, c’est de brouiller les notions, introduire ainsi dans ses papiers autant d’éléments qui altèrent, faussent, ruinent la réalité des choses.

Disons-le d’emblée : Rosa Moussaoui entre toutes voiles déployées dans l’ère de la post-vérité, franchement audacieuse et résolument trompeuse. La vanité journalistique a encore devant elle un bel avenir. Le défaut de cette employée aux écritures est grand : on devine aisément où inclinent ses sympathies, on sait qu’elle procède sans cesse par violents partis pris. Il y a d’un côté le Maroc, d’autre côté ceux qu’elle présente faussement comme les souffrants, les opprimés, tout un peuple de victimes. Rarement avait-on dressé un plus ridicule réquisitoire. Rarement avait-on dépensé dans la satire acide plus d’ardeur et d’emportement. C’est le pamphlet qui entre dans le reportage. C’est la haine mise au service de la pitié. Ce racolage et cette âpreté ont justement pour effet de donner aux allégations de Rosa Moussaoui une nature propagandiste hantée par les vestiges de choses anciennes.

Merci Rosa Moussaoui, de blanchir l’éminence grise des événements de Gdeim Izik, qui ont provoqué la mort de onze membres des forces de l’ordre en 2010. Désarmées, certaines victimes avaient été égorgées, ou leur cadavre souillé ou mutilé, selon des vidéos qui ont outré la conscience marocaine. Selon Moussaoui, ledit criminel a été condamné «au terme d’une parodie de procès». Malgré la présence d’observateurs internationaux ? Ni oubli ni pardon.

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