Sahara : pour Omar Zniber, l’Algérie doit avant tout «balayer devant sa porte»

Omar Zniber, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies à Genève a eu une prise de bec avec son homologue algérien, lequel a profité d’une récente sortie de l’ancien émissaire de l’ONU pour le Sahara afin d’attaquer Rabat.

Omar Zniber, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies à Genève, a vigoureusement rétorqué aux ragots de son homologue algérien, Lazhar Soualem, lors d’une réunion de l’ONU convoquée à Genève. Les déclarations de ce dernier avaient pour appui le nouveau livre du huitième secrétaire général des Nations unies (2007-2016) Ban Ki-moon. Les relations entre ce dernier et Rabat ont souvent été houleuses. Il a été durement critiqué par le Maroc qui l’accusait d’être partial en faveur du Front Polisario, soutenu par l’Algérie.

Le représentant permanent de l’​Algérie auprès de l’ONU à Genève a voulu rebondir sur les prises de position récentes du responsable sud-coréen, mais c’était sans compter sur Omar Zniber, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies à Genève. «L’Algérie s’est rabaissée en impliquant un ancien SG de l’ONU dans ses manipulations» a pointé M. Zniber, accusant l’Algérie d’«ingratitude», en rappelant «l’engagement de leurs pays, en faveur notamment de l’indépendance de l’​Algérie et la solidarité active manifestée par Rabat à l’égard du pays». Tout en démontant l’argumentaire de M. Soualem, M. Zniber a évoqué les violences du régime d’Alger contre la contestation populaire, «jalonnées d’arrestations sans mandats, de poursuites extrajudiciaires, de mauvais traitements infligés aux détenus et un véritable harcèlement des activistes».

M. Zniber enfonce le clou en accusant son homologue de ne pas avoir «soulevé la question des violations massives des droits de l’homme dans les camps de Tindouf en Algérie, y compris des cas régulièrement saisis tant par les victimes elles-mêmes, que par les organisations internationales des droits de l’homme», avant de conclure : l’Algérie doit avant tout «balayer devant sa porte».

En 2016, Rabat a reproché à Ban Ki-moon d’avoir manqué à son devoir de neutralité en utilisant une terminologie douteuse pour qualifier la présence marocaine dans la province du Sahara. Indécrottable, l’ancien patron de l’ONU a réitéré ses propos peu avenants à l’égard du Maroc, que ce soit lors de la conférence organisée par l’ONG The Foreign Press Association, ou dans son livre, paru récemment et intitulé Resolved : Uniting Nations in a Divided World.

Durant la même période, des déclarations controversées de Ban-Ki moon ont sucité un énorme tollé. Le gouvernement marocain a relevé «avec une grande stupéfaction les dérapages verbaux, les faits accomplis et les gestes de complaisance injustifiés» de M. Ban lors de sa visite à Tindouf, dans un communiqué cité par l’agence de presse officielle MAP. En marge de cet événement, les autorités marocaines ont demandé le départ de 84 membres du personnel de l’ONU.

En réaction à cela, des centaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre le manque de neutralité de M. Ban sur le dossier du Sahara.

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