Skhirate : le Maroc, une porte d’entrée idéale pour l’Afrique

Le coup d’envoi de la 4ème édition des « Rencontres Africa », rendez-vous business incontournable pour les décideurs du continent africain, a été donné ce matin à Skhirate. Près de 1.200 dirigeants africains et européens sont attendus pour discuter des opportunités de développement sur le continent africain dans le cadre d’une série de rencontres B to B. Placée cette année sous le thème central : « les voies de l’émergence économique de l’Afrique », cette édition des « Rencontres Africa » prévoit plusieurs conférences tout au long des journées du 21 et 22 octobre 2019.

La séance inaugurale de cet événement annuel a été dédiée au Maroc, pays co-organisateur de cette grand messe africaine et, également, une porte d’entrée vers l’Afrique. En effet, les relations Afrique-Union européenne ont évolué vers la « co-construction » pour le développement de projets concrets aux valeurs ajoutées partagées. La vision du Maroc conforte ce modèle et s’insère parfaitement dans le cadre du développement économique et social inclusif du continent. Ainsi, le Royaume joue un rôle prépondérant entre les deux continents. Il est considéré comme étant une porte d’entrée pour les entreprises étrangères qui souhaitent investir et exporter vers l’Afrique.

S’exprimant lors de cette séance inaugurale, Zouhair Triqui, Secrétaire général de l’AMDIE (Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations), a indiqué que cette rencontre traduit la volonté commune du Maroc, étant un pays africain, l’Afrique et l’Union européenne (UE), d’aller de l’avant pour le développement des relations économiques et commerciales entre l’Afrique et l’UE. « L’Afrique se projette sur une accélération de sa croissance à 4% d’ici la fin d’année et 4,1% en 2020. Cette dynamique reste exceptionnelle dans le climat conjoncturel mondial. Dans ce contexte, le Maroc promeut une coopération diplomatique et économique basée sur l’intégration économique approfondie et une coopération renforcée et des échanges économiques équilibrés prônant la stratégie « Win Win » avec nos partenaires et frères du continent africain. Cette vision est impulsée par une vision royale avant-gardiste », a-t-il indiqué tout en précisant que le potentiel du continent africain est cyclopéen.

Triqui a également mis en exergue l’adhésion du Maroc à la ZLECA (Zone de libre-échange continentale africaine). Le Maroc œuvre ainsi à assurer la pérennité de la coopération sud-sud, en particulier au niveau du continent africain. D’après lui, cette signature est en parfaite harmonie avec la vision et l’orientation du Monarque pour la construction d’une Afrique intégrée, car c’est la seule voie vers une Afrique puissante et développée. La ZLECA portera le taux actuel du commerce intra-africain de 15% à 52,3%, selon un rapport de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). Ce débouché commun de biens et services, qui rassemble les 55 États membres de l’Union africaine, fusionnera plus de 1,2 milliard de consommateurs et devrait générer une valeur ajoutée économique de plus de 2500 milliards de dollars, a-t-il relevé.

Quant à Laaziz Kadiri, Président de la commission diplomatie économique, Afrique et sud-sud à la CGEM, il a noté que l’Afrique est devenue la priorité pour le Maroc au niveau de la stratégie économique extérieure du Maroc. « Sur les 20 dernières années, le Maroc s’est intéressé au continent en matière d’investissements beaucoup plus comme auparavant. Je pense que 4 milliards de dirhams d’investissements ont été faits dans plusieurs secteurs porteurs tels que l’assurance, les banques, les industries. Ce sont des secteurs qui privilégient l’intégration sous toutes ses formes. Le Maroc a fait le choix de porter l’intégration du continent à travers l’investissement. Nous avons signé quelque 700 accords les 15 dernières années. Cela prouve que le Maroc, à travers son secteur privé, a vu le potentiel que représente le continent africain« , a-t-il indiqué tout en indiquant que le Maroc a compris les enjeux majeurs de l’Afrique et a su les transformer à travers cette intégration locale.

Par ailleurs, Marc Hoffmeister, Commissaire Général des Rencontres Africa, a précisé que le Maroc joue aujourd’hui un rôle moteur dans les échanges euro-africains mais également intra-africain dans le cadre d’une dynamique de co-développement, ce qui a fait que le choix est tombé sur le Maroc pour abriter cet événement. De son côté, Julien Marcilly, Economiste en chef du groupe Coface [NDLR : une société d’assurance-crédit],  a présenté une vision globale des relations de l’Afrique avec l’Europe. Pour cet économiste, l’Afrique est le centre d’intérêt des investisseurs de tous bords étant donné que ce continent est en pleine croissance à la faveur d’une forte progression démographique, essor de son urbanisation ainsi que par l’émergence des classes moyennes.

« Les intérêts des deux côtés de la Méditerranée sont convergents pour des raisons essentiellement démographiques. Premièrement, 30 millions de personnes, du côté de l’Afrique, entrent sur le marché du travail. Pour que cette entrée se passe de la meilleure manière possible, il va falloir de trouver un moyen d’intégrer rapidement les entreprises africaines dans les chaines de valeur mondiale. Toutefois, du côté européen, on parle de plus en plus de stagnation séculaire [NDLR : une situation économique où la fin de la croissance démographique et du progrès technique conduisent à une période d’activité économique anémique] ou de la « japonisation » de l’économie européenne« , a-t-il déclaré. Ainsi, compte rendu de ces tendances complémentaires, les entreprises européennes vont se mettre à investir davantage dans des pays où les rendements attendus sont plus élevés. Marcilly a également noté que l’Afrique doit miser sur l’environnement des affaires pour qu’il attire plus d’investissement.

« Les opportunités économiques en Afrique suscitent l’engouement. Des opportunités qui sont également illimitées avec un PIB global de 3.300 milliards de dollars. Afin d’amorcer son développement, l’Afrique a entamé un processus d’intégration régionale. La création de la ZLECA va permettre d’accélérer ce processus. La BAD [NDLR : Banque Africaine de Développement] a 5 priorités dans sa vision stratégique et l’intégration régionale est un point axial de ces priorités. Nous avons investi dans des infrastructures d’intégration avec 15 milliards de dollars« , a indiqué lors de cette session inaugurale Leila Farah Mokaddem, Directrice-pays de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour le Maroc. Pour elle, l’intégration économique de l’Afrique est une aspiration majeure qui pourrait entraîner les économies d’échelle.

Pour rappel, les « Rencontres Africa » se poursuivent jusqu’au 22 octobre au Maroc puis les 24 et 25 à Diamniadio au Sénégal. Durant cette quatre jours d’échanges, les participants auront l’occasion d’étudier les différentes opportunités d’investissement dans différents secteurs stratégiques en Afrique.

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