Sorti de sa torpeur, Akhannouch nous livre un piètre remake du mythe de Sisyphe

Mais quelle mouche a donc piqué Aziz Akhannouch pour accoucher d’un long texte aussi ennuyeux que vide sur l’économie nationale à l’heure du et après Covid-19 ? et ce, avant même les conclusions de l’enquête sur le marché des hydrocarbures au Maroc ?

Pour commencer, on ne sait pas pourquoi Si Aziz a consacré les six premiers paragraphes de son texte, qui se veut scientifique, à un dithyrambe et surtout au rappel, un mois plus tard, des actions du souverain pour lutter contre Coronavirus. Car ça, le monde entier le sait et, en la matière, la SNRT et la MAP font beaucoup mieux. A moins que le patron d’AKWA ait quelque chose à se reprocher, ou alors chercherait-il à se cacher derrière l’image du roi pour mieux faire passer son message. 


Assurément, Akhannouch s’est invité sur un terrain qui n’est pas le sien et, comme l’on s’y attendait, y a laissé des plumes en devenant la risée de ceux qui sont parvenus à lire jusqu’à la fin son blablabla. Nous n’allons pas ennuyer nos lecteurs par l’intégralité du «chef-d’œuvre» de Si Aziz, mais nous essaierons de les embarquer avec nous par quelques commentaires et remarques sur cet assemblage d’idées et de phrases que le chef du Rassemblement National des Indépendants tient pour réflexion.


Après s’être acquitté de son dithyrambe qu’il croit une obligation et que personne ne lui a demandé par ailleurs, il plonge nu dans l’océan. 
«La pandémie du Covid19 a dérégulé le monde. Même les économies les plus grandes qu’on croyait insubmersibles, puissantes, ont été mises à mal, bousculées, terrassées »… « Il y aura incontestablement un avant et un après Covid-19 »… « L’humanité ne pourra être définitivement à l’abri que quand et seulement quand un vaccin sera développé et mis à disposition à grande échelle », nous apprend-il.
Vraiment ? Waouh ! Quel génie ! Bravo Si Aziz ! Et vous avez trouvé ça tout seul ?

«Dans le nouveau monde de l’après-Covid19, les paradigmes vont changer, le paramètre temps sera décisif…» Ça aussi, celui qui a écrit le texte pour Ilias Omari l’a dit et argumenté nettement mieux que les nègres d’Akhannouch, exceptée la malencontreuse phrase sur les futurs régimes politiques. «Pour endiguer la crise économique, le Maroc doit agir et agir vite » ! Double waouh, quelle belle trouvaille ! Heureusement que vous êtes là pour nous donner un coup de « peps » afin d’agir vite. Mais comment? «Allaho a3lam».

«Nous avons vu aussi comment le Maroc, et contrairement à d’autres pays, a pu assurer l’autosuffisance alimentaire et l’approvisionnement normal des marchés. Cela n’aurait jamais été possible si SM le Roi n’avait pas, depuis des années, veillé personnellement à ce que notre agriculture soit dotée de tous les moyens nécessaires à sa modernisation et son développement, notamment à travers le Plan Maroc Vert». Alors c’est quoi votre rôle de ministre si le roi a tout fait ? Et franchement, ce n’est pas honnête de votre part monsieur le ministre de l’agriculture. Vous cacher derrière le Roi pour vanter le Plan Maroc Vert que vous n’avez su mener à bon port. D’ailleurs c’est bien le souverain qui a infligé à votre gestion du Plan Maroc Vert le plus flagrant des démentis. L’avez-vous si vite oublié ? C’était dans son discours du 19 octobre 2018, où le Roi a du en faire un point pour parler de la classe moyenne et d’emploi des jeunes, d’une part, puis, d’autre part, il a du le remanier, le 13 février 2020 en «Generation green 2020-2030» qui est un PMV II. Hélas, le tir était impossible à rectifier. Ce qui, en soi, n’est pas surprenant, puisque vous mettez un mois à recopier les conclusions des autres…

Continuons à vous lire Si Aziz :
«Pour organiser la sortie de crise, l’Etat n’a donc d’autre choix que de s’endetter, de prendre des risques et d’accompagner les acteurs jusqu’à ce qu’ils soient remis sur pied». Mais c’est déjà fait monsieur le ministre. Le gouvernement a demandé au FMI depuis plusieurs jours un décaissement de 3 milliards de dollars sur la ligne de crédit des 6 négociés par le gouvernement Benkirane. Vous êtes bien membre du gouvernement, non ? D’ailleurs tirer avantage de ce tirage sur la ligne de précaution et de liquidité n’est que normal puisque cela fait 7 ans que le Maroc paie pour cette dette.

Que nos lecteurs nous en excusent, mais nous devons nous arrêter sur une sortie très… ou plutôt trop longue, d’un décideur et dirigeant. Les Marocains doivent savoir les contours d’un tel discours.
« Le Maroc a, dès le départ, choisi de parer à l’urgence en soutenant la demande : entre autres, le pouvoir d’achat des ménages, la restructuration de l’échéancier des crédits à la consommation et des emprunts contractés par les entreprises. Ceux qui pensent que ces engagements reportés devront être payés immédiatement, suite au déconfinement, font fausse route. Car il faudra certainement du temps pour permettre aux bénéficiaires de faire face à leurs engagements, quitte à reporter ces échéances à plus tard ou in fine, en rallongeant les maturités des emprunts ». Paroles d’homme d’affaires endetté, qui n’assume pas et qui cherche à se cacher derrière le consommateur pour plaider pour sa paroisse.


«Le discours donnant la priorité aux recettes de l’Etat et posant l’équation aujourd’hui en termes de dualité entre le sauvetage de l’Etat ou celui des entreprises, doit absolument cesser. Ceux qui prônent aujourd’hui une politique d’austérité font une grossière erreur».
A qui vous vous adressez là, Si Aziz ? N’est-ce pas le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaaboune, membre de votre parti, qui en est le chantre ? Et puis, qui vous empêche de défendre votre point de vue en conseil de gouvernement ?
«SM le Roi a clairement montré la voie : Nous sommes dans un nouvel élan de générosité et le seul moyen d’aider les entreprises à redémarrer est de les accompagner, de les soutenir. Cet élan de générosité, stimulé par les décisions royales est un signal fort, une balise qui doit guider nos décideurs politiques et économiques et les éclairer quant au futur immédiat ». Encore le roi comme bouclier pour assouvir la cupidité de l’homme d’affaire !

«SM le Roi a eu, dès le départ, la vision juste : mobiliser la générosité envers les citoyens qui vont demain se mobiliser, à leur tour, pour aider les entreprises». Toujours se servir du parapluie royal pour sauver l’entreprise ! C’est vicieux et, surtout, lâche ! «L’expérience du Maroc dans sa lutte contre cette pandémie du Covid-19 nous laisse aussi entrevoir des pistes d’amélioration, des mutations intéressantes et prometteuses pour l’avenir». Bla-bla-bla ! «La crise du Covid nous a appris que nos médecins ont un énorme potentiel ». Découverte ? Oui monsieur le ministre, nous avons de bons, de très bons médecins très bien cotés même en Europe et aux USA.
«Nous avons vu aussi, comment notre école s’est adaptée au mode d’apprentissage à distance. Depuis la fermeture des établissements scolaires, des millions d’apprenants ont pu continuer leur cursus grâce aux technologies». Encore une découverte !


«Dans le monde de l’après Covid et parallèlement à l’urgence de faire redémarrer notre économie, d’autres questions vont se poser et nécessiteront des réponses à moyen et long terme, car la face des activités humaines et économiques s’en trouvera métamorphosée ». Re-blablabla.  «L’intervention salutaire de l’Etat, à court terme, doit avoir pour objectif principal d’instaurer les bases d’une reprise économique. L’objectif principal, à l’horizon d’une année, doit être de préserver la santé financière des acteurs économiques, les protéger d’une asphyxie grâce au soutien de l’Etat». Soutien l’entreprise bien sûr. Ce n’est ni le ministre ni le chef de parti qui parle, mais l’homme d’affaires, soucieux pour ses affaires. Le reste du texte n’est que lapalissades et bla-bla-bla.


Alors Si Aziz, « Ould ennass », futur chef du gouvernement ? Non merci. Il y a peut-être une place à prendre à la CGEM… mais dans minimum trois ans !

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