Soudan : un accord de paix inédit entre le gouvernement de transition et des rebelles

L’accord stipule notamment que les mouvements armés devront à terme être démantelés et que leurs combattants devront rejoindre l’armée régulière.

Le gouvernement de transition soudanais et des chefs rebelles ont signé samedi 3 octobre, à Juba, capitale du Soudan du Sud voisin, un accord de paix historique, qui doit mettre fin à dix-sept ans de guerre meurtrière. Des diplomates tchadiens, qataris, égyptiens, de l’Union africaine et des Nations unies ont également participé à la cérémonie.

Les autorités de Khartoum, un pouvoir hybride de militaires et de civils mis en place après une révolte populaire ayant mis fin, en avril 2019, aux trente ans de la présidence d’Omar Al-Béchir, ont fait de la paix avec les rebelles leur priorité. Sous le régime d’Al-Béchir, les rebelles issus de minorités ethniques s’estimaient marginalisés dans un pays confronté à une grave crise économique, ayant notamment été amputé des trois quarts de ses réserves de pétrole depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011.

Démantèlement des milices

L’accord est composé de huit protocoles traitant de la propriété foncière, de la justice transitionnelle, des réparations et compensations, du développement du secteur nomade et pastoral, du partage des richesses et du pouvoir, et du retour des réfugiés et déplacés. Il stipule que les mouvements armés devront à terme être démantelés et que leurs combattants devront rejoindre l’armée régulière, qui sera réorganisée pour être représentative de toutes les composantes du peuple soudanais.

Ces protocoles avaient été paraphés début septembre par le gouvernement de transition et certains groupes rebelles. Deux factions – celle d’Abdelaziz Al-Hilu et celle d’Abdel Wahid Al-Nour, leader historique de l’Armée de libération du Soudan – n’avaient alors pas souhaité les signer.

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