The Jerusalem Post : « Terrorisme, le dangereux jeu de l’Allemagne »

Lorsque le Maroc a décidé de geler les relations diplomatiques avec l’Allemagne, il avait des raisons de penser que ce pays servait comme base pour les terroristes,  afin de multiplier les actes hostiles contre le Maroc. 

Berlin est-elle complice ? 

De toute façon, le fait d’abriter un ancien condamné pour des actes terroristes, qui, poursuit, d’ailleurs, ses activités sur les réseaux sociaux, comme en attestent clairement ses vidéos sur Youtube, est loin d’être anodin.

Ce jihadiste  appelle à commettre des actes terroristes contre le Maroc, depuis Duisbourg, où il est exilé. Dans une séquence vidéo, par exemple, il avait appelé ses compatriotes désireux de se suicider à commettre des actes terroristes, en tuant des personnes bien ciblées. 

Sans aucun niveau intellectuel, Mohamed Hajib est l’un des islamistes les plus radicaux, mais qui s’affiche dans ses vidéos soit avec des photos de Che Guevara ou de Malcom X et parfois une photo d’une mosquée turque en arrière plan. Il souhaite, sans aucun doute, apparaitre comme un opposant, ce qu’il ne l’est pas. Devenir un opposant à ses règles et requiert, de toute façon, des compétences intellectuelles et non pas de l’incitation à la violence. 

En effet, il consacre plus ses vidéos à insulter des personnalités de l’Etat marocain qu’analyser la situation du pays.

Le magazine allemand « Der Spiegel », avait publié, le 05 mai, un article intitulé :  » Le Youtubeur qui alimente la crise entre le Maroc et l’Allemagne ». Dans son article, ce support, explique que la crise  diplomatique entre le Maroc et l’Allemagne gèle la collaboration entre les agences de renseignement des deux pays.

Selon Maria Josua, chercheuse à l’institut allemand d’Etude globale et régionale (GIGA) à Hambourg, « le gouvernement marocain considère les vidéos de Hajib comme une grande menace, dans la mesure où il est capable de diffuser son message à un large public, ce qui pourrait, éventuellement, entrainer des mobilisations, et par ricochet,  des actes terroristes ».

En offrant à  Mohamed Hajib la nourriture et le gite, l’Allemagne savait bien à qui elle avait affaire. La personne en question avait été condamnée, en première instance, à 10 ans de prison au Maroc pour actes terroristes, commuée  à 05 années en appel. La justice a fait son travail, ses avocats sont parvenus à le défendre devant la cour d’appel et ils ont obtenu ce qu’ils pouvaient.

Il convient de souligner que c’est bien l’Allemagne qui l’avait arrêté après son retour du Pakistan, car il était considéré comme un terroriste qui s’activait dans les zones de conflit les plus dramatiques. Elle l’avait libéré, mais à condition de retourner dans son pays d’origine. C’est la raison pour laquelle, il poursuit l’Allemagne en justice, en réclamant une indemnisation de 1,5 millions d’euros. Avec ses vidéos youtube, il a dû gagner plus, mais les autorités allemandes l’ont laissé faire.

Le Maroc, ayant développé une expertise internationale dans la lutte contre le terrorisme et ayant déjoué des attentats dans son propre territoire mais également chez ses plus proches partenaires, considère que ce n’est certainement pas la meilleure façon de démontrer une amitié, lorsqu’un pays comme l’Allemagne abrite un terroriste, à partir duquel il mène ses attaques.

L’Allemagne pourrait-elle ignorer cette menace réelle qui plane sur le Maroc ?

Quel mérite faudrait-il accorder à son ministre des affaires étrangères qui avait déclaré, le 06 mai ce qui suit : » Nous sommes d’autant plus surpris par cette mesure, que nous déployons des efforts constructifs avec la partie marocaine pour résoudre la crise ». 

C’est beaucoup plus incompréhensible pour la partie marocaine, dans la mesure où le cas du terrorisme semble être négligé.

Il convient, maintenant, de passer en revue  certains faits qui conceptualisent les actions de Mohamed Hajib.

Premièrement, l’Allemagne qui semblait être irritée par la décision des Etats-Unis de reconnaitre la marocanité du Sahara, avait appelé à une réunion urgente au conseil de sécurité.  » Nous devons agir dans le cadre du droit international », a déclaré, le représentant allemand à l’ONU, le 24 décembre. Sa déclaration est claire, il accuse le Maroc et les États-Unis de violer le droit international. Par ailleurs, le 27 janvier, le drapeau du « Front Polisario » avait été hissé devant le parlement régional allemand à Brême.  

La reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara a coïncidé avec les accords d’Abraham, suite auquel le Maroc et Israël ont normalisé leurs relations. La situation a donc complètement changé non seulement en Afrique du Nord, mais dans tout l’espace méditerranéen.

Dans son rapport intitulé « Rivalités maghrébines sur l’Afrique subsaharienne : l’Algérie et la Tunisie cherchent à suivre le pas du Maroc », l’Institut allemand des affaires internationales et de la sécurité appelle Berlin et l’Union européenne à freiner le développement  du  Maroc «dans ses tentatives hégémoniques sur les pays maghrébins, et en cessant, en particulier, de favoriser la croissance et le développement économique du Maroc, qui freine l’émergence de l’Algérie et de la Tunisie».

Un analyste pourrait considérer Mohamed Hajib comme l’un des pions utilisés pour freiner le développement du Maroc. 

Dans ce cas précis, c’est à l’Allemagne de s’expliquer.

Cet article a été rédigé et publié en collaboration avec l’observateur du Maroc 

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