Trahison, enfer et damnation, Ouahbi, Belfquih et autres révélations

Les Marocains sont allés voter en masse, malgré le peu de choix qui s’offrait à eux. Sans vouloir jouer les oiseaux de malheur, c’est un fait. Mais, l’heure est à la célébration du fait que le Maroc a fait triompher la démocratie par les urnes, rappelle Badria Atallah, dans la dernière capsule « Dirha Gha Zwina [NDLR : tout finit par se savoir] de barlamane.com

Le message est clair, les Marocains sont éprouvés par les effets du coronavirus, de la sécheresse et de 10 ans de PJD. Néanmoins, les disputes effectives dans la course aux mairies montrent que les partis ont vite fait de l’oublier.

Intéressons-nous au cas Abdellatif Ouahbi, adepte du win-win, et au PAM.

Comment peut-on qualifier cette formation politique de parti ayant toujours pratiqué l’opposition ? Au contraire le PAM a toujours eu sa place dans l’échiquier politique. Il a dirigé le Parlement, et la chambre des Conseillers. 

Il a eu au sein du gouvernement, un Ahmed Akhchichine, ex ministre de l’Education, au plan d’urgence pour l’éducation de près de 40 milliards de MAD de 2009-2012, pour  réformer l’Education nationale et l’Enseignement supérieur sans y parvenir. Un échec que le PJD lui impute et auquel il n’ a pas daigné répondre …

S’il ne s’en souvient pas, le peuple a de la mémoire et le lui rappellera à l’occasion.

Le PAM a dirigé le pays en étant à la tête de régions, de communes, mairies et même  deconseils provinciaux 

Il faut que le parti réponde de ses actions dans des villes et mairies  comme Marrakech, Tanger, Casablanca.

Le PAM a également œuvré à l’intérieur des plus grandes institutions du pays, à travers des profils poussés par Ilias Omari, Benchamach ou encore Biadillah.

Le parti était aussi présent dans les rouages du gouvernement grâce à des nominations dans les ambassades, consulats, ministères  et préfectures  et a toujours gardé une main dans beaucoup d’instances  gouvernementales. C’est dire qu’il ne faisait pas d’opposition

Plus encore son action s’apparentait à des regroupements comme le cas  de la famille Mharchi au Parlement ou de la famille Bentaleb à Marrakech, dont le patriarche est connu pour être un patron dans la filière laitière, un sujet à développer par la suite. 

Le cas d’Ilyas Omari qui est loin d’être fini et sur lequel Barlamane.com a toujours enquêté même au plus fort de la carrière de l’homme. 

Le positionnement de ce parti paraît bien flou.  La marche  Ould Zeroual, une triste ère, en témoigne.

Quant au scrutin du 8 septembre, il consacre l’échec de Ouahbi. Parti qu’Ilyas Omari a mené jusqu’à gagner 102 sièges qui a chuté de 15 sièges pour n’en garder que 87, en plus des calculs et concessions  saugrenus au niveau des mairies et des provinces pour intégrer coûte que coûte le gouvernementt. C’est un échec patent auquel Ouahbi a conduit son parti. Par conséquent, il aurait du démissionner au lieu de faire l’animateur de foire. L’on sait où cela  mené Benkiran, par exemple.

Tous les partis ont gagné du terrain MP, PPS, USFP, RNI, PI sauf le PAM de Ouahbi et sauf, à l’évidence, le PJD. Il aurait du rejoindre son fidèle ami dans l’opposition, avec lequel il avait pour habitude de passer des ententes. 

Des promesses, encore des promesses et que des promesses, voilà le credo de Ouahbi. Sa place n’est donc pas au gouvernement. Et ce, sans parler de ce qui s’est passé avec feu Abdelouahab Belfquih. Ce dernier s’est suicidé et a enterré avec lui des secrets qu’il avait promis de livrer à l’opinion publique. Mais le temps des révélations viendra. 

Promettre sans joindre l’acte à la parole a un nom : le populisme … qui s’en est allé avec Chabat, Benkiran et Omari.

Plus personne ne croit aux fables de Ouahbi qui a déclaré publiquement à maintes reprises : 

  • Ne pas briguer le poste de ministre, dans le cas où le PAM n’est pas premier à l’issue des élections législatives.  Aujourd’hui le parti l’oblige à l’être. Comment croire à cette affabulation ? 
  • Refuser en tant que Secrétaire général du parti d’être dirigé par un autre SG de parti. Il semble pourtant qu’Akhennouch le soit.
  • Ne pas être fait pour le poste de ministre. On peut le croire aisément. Mais à quel moment Ouahbi dit la vérité et à quel moment ment-il, puisque tout ce qui sort de sa bouche est un chapelet de mensonges.  
  •  Préférer se tenir à distance d’Akhennouch … déclaration non faite dans le sens du mètre de distanciation imposé par la pandémie du coronavirus, mais bien dans le sens de l’éviter. 

Ouahbi, un vrai petit Benkiran en herbe…

Ce triste décorum qu’offrent les politiciens aujourd’hui fait amèrement regretter l’époque de Abderrahim Bouabid, Ali Yata et Noubir Amaoui qui a dit à Basri que sa parole vaut or, vaut engagement et ne souffre d’aucune contradiction.  

Ouahbi, quant à lui, prend beaucoup de libertés avec la sienne. En témoignent les vidéos et interviews empreintes de critiques acerbes contre Akhennouch, montrant que s’asseoir à la même table relève de l’utopie… 

Et pourtant, depuis l’annonce du scrutin, endossant son plus beau costume de troubadour (et de girouette), Ouahbi lui chante la sérénade à n’en plus finir, faisant tapisserie devant sa porte. 

A la presse internationale, Ouahbi a soutenu que le RNI a utilisé massivement de l’argent pendant sa campagne électorale. En bref, Il signifie que ce  parti a gagné les élections de manière illégale. Il serait donc illégitime. A l’entendre poser de tels concepts sur l’ADN de partis, on peut lui poser la question sur la légitimité de son parti. Celui -à même qui encadre Mharchi, Bioui, Bentaleb, Mansouri, Hammouti, Samir Goudar et Mjahed …et la liste n’est pas exhaustive. 

Si Ouahbi fait bon ménage avec ses propres contradictions, dort-il sur ses deux oreilles depuis le suicide de Abdelouahab Belfquih ?

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