Trois membres du PJD «suspendus» de leurs fonctions exécutives chez le parti, dissentions internes

Trois membres du PJD se cherche un avenir après leur suspension du parti. Il règne un climat de purge, confirme un proche du parti. En même temps, d’autres noms de possibles partants circulent dans la presse.

Le PJD est mécontent de tout le processus électoral. Les élections professionnelles du 6 août, les élections générales du 8 septembre, les élections indirectes pour la constitution des conseils provinciaux et préfectoraux du 21 septembre, réservées aux nouveaux élus communaux et enfin les élections indirectes du 5 octobre à la Chambre des conseillers, tenues quelques jours avant la grande rentrée parlementaire inaugurée par le roi Mohammed VI.

Trois membres frondeurs PJD, Mustapha Dahmani, Mohamed Benfqih et Saïd Chakir, se sont abstenus de donner leur démission conformément aux instructions de leur parti, qui conteste les élections de la chambre haute. Le bureau national du Parti islamiste a décidé, ces derniers jours, de les suspendre de ses instances dirigeantes. Les trois n’auront plus «aucun pouvoir représentatif dans les conseils élus» au nom du PJD.

L’éventuelle exclusion du parti de ces responsables – sera probablement instruite par une commission spéciale issu du bureau politique des islamistes. Leur suspension a été actée après l’insistance de certains «durs», qui ont considéré que les dits membres se sont «placés hors des règles de notre mouvement», selon le communiqué officiel du parti. «Je reste clairement à la disposition du parti, mais j’effectue un pas de côté pour mieux avancer», a réagi Mustapha Darhmani.

Le Parti de la justice et du développement (PJD) a sans cesse «dénoncé les violations et [les prétendues] irrégularités qu’ont connues les élections» sans présenter aucune preuve. Pour lui, les derniers résultats ont «abouti à l’annonce de résultats qui ne reflètent pas la teneur de la cartographie politique et la libre volonté des électeurs», et à «une régression de notre expérience démocratique», des propos qui ont indigné la classe politique.

Au pouvoir depuis dix ans, le PJD s’est effondré aux législatives, passant de 125 sièges à 13 sur un total de 395. L’ampleur inattendue de la débâcle s’est confirmée avec les élections locales, tenues le même jour: le parti a dégringolé de 5 021 élus à 777 aux communales et de 174 sièges à 18 aux régionales contre 174.

Le PJD «est à un tournant important où nous pouvons questionner nos choix (…) sans succomber à la psychologie de la défaite», a dit samedi son secrétaire général, Saad Dine El Otmani, dans une réunion à huis clos. Le parti a convoqué un congrès extraordinaire «le 30 octobre» qui choisira une nouvelle direction après la démission collective du secrétariat général au lendemain de la débâcle électorale.

Aucun ténor n’a pour l’heure fait officiellement acte de candidature, mais plusieurs poids lourds se préparent à être sur les rangs.

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