Une certaine France, nostalgique des guerres de religions

Revenons sur la polémique, autour des événements de Chanteloup-les-Vignes et Mantes-la-Jolie, créée par les analystes du discours d’Edouard Philippe, qui a valu à Cnews les foudres du public suite notamment, à l’intervention de Zineb El Rhazoui sur son plateau du fait de ses approximations plus que contestables et contestées.

Les media, les intellectuels, et les politiques français, il faut le dire, aiment créer et imposer des bouffons de service, dont la lecture des événements est émaillée d’approximations et de procès fabriqués qu’ils servent au public. C’est un fait. Des Eric Zemmour, des Alain Filkenkraut et des Zineb El Rhazoui servent une propagande, celle d’une fange qui paraît d’un côté nostalgique de l’époque des guerres de religions et de l’autre, fervente fan de la politique de l’autruche.

Pour la petite et la grande histoire, les guerres de religions sont huit conflits sanglants, qui ont longuement ravagé la France dans la seconde moitié du XVIème siècle et où se sont opposés catholiques et protestants. Ces conflits ont conduit à une guerre civile et se sont prolongés aux XVIIème siècle, avec le siège de La Rochelle et la révocation de l’édit de Nantes, et XVIIIème siècle avec la guerre des Camisards, jusqu’à l’arrêt des persécutions sous Louis XVI -avec l’édit de Versailles. Ces conflits alimentés sans cesse, semblent avoir des adeptes de survivance de la part de « penseurs » pro-chaos.

L’époque des monstres extrémistes sert bien, il faut le reconnaître, cette tendance. Car quand la France stigmatise les musulmans, en se référant à la nationalité d’origine des parents ou grands-parents de ces jeunes violents, elle oublie que ceux dont elle parle sont les produits de ses propres rejets. Ceux-là sont les stigmates du système d’exclusion qu’elles ont servi à leurs ascendants. Et loin de faire sa propre introspection, cette France-là, les jette en pâture à la haine et certainement plus tard aux groupuscules terroristes en demande de jeunesse vulnérable en mal de repères et de justice sociale. Oui une jeunesse perdue, exclue qu’un discours de vengeance et de promesse d’un au-delà meilleur tente, face à un quotidien haineux qu’ils vivent dans la rue et que leur renvoient certains plateaux télé.

Oui, le problème n’est pas celui de l’islam, mais un problème sociétal franco-français.

Les confrontations dans les banlieues sont un mal, urgent à régler sans en trouver des raisons comme celles avancées, hier, par une El Rhazoui dans l’origine des noms et des religions supposées ou réelles des descendants de ceux que la France a appelés et accueillis pour combler une main d’oeuvre insuffisante, et qu’elle rejette aujourd’hui après l’avoir ghettoisée. L’édit de Nantes et celui de Versailles ont servi la paix en aboutissant à la « Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen » en réponse à des siècles de conflits internes et inutiles. Voilà la vraie histoire que devraient retenir ceux qui veulent réinventer les événements du présent et ceux passé sur les plateaux.

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