Victimes collatérales de la crise sociale et économique en Algérie : les harraga

«La crise économique et sociale en Algérie pousse de nombreux jeunes à immigrer clandestinement vers l’Espagne» écrit le site français Les Echos.

Des Algériens tentent de quitter leur pays, sans papiers, sur des barques, au péril de leur vie. Ils sont les Harraga, les (“brûleurs”), car ils “brûlent” les frontières et les étapes nécessaires à une migration légale jugée difficile. En outre, s’ils arrivent en Europe, ils abîment, ils “brûlent” leurs papiers d’identité pour tenter d’échapper à l’expulsion.

Plus de deux ans après le début du hirak, les manifestations qui ont abouti à la chute d’Abdelaziz Bouteflika, le régime algérien a entrepris une «restauration autoritaire» alors des jeunes sont de plus en plus nombreux à quitter l’Algérie, rapporte le site français Les Echos.

Selon les médias algériens, «plus de 30 embarcations viennent d’être interceptées par des garde-côtes d’Almeria, dans le sud de l’Espagne. Une pression migratoire de plus en plus alarmante pour Madrid» note la même source, alors que les dispositifs et les lois qui existent en Algérie afin de lutter contre la harga, visant les tentatives de départ sur des embarcations de fortune, ne sont plus efficaces. Avec la répression du régime, la plupart des candidats migrants s’infiltrent sur des navires marchands en partance pour l’étranger, comme ultime tentative désespérée. Les départs en barque et en chalutier depuis les côtes algériennes ont pris de l’ampleur depuis 2019, les forces de sécurité, et plus spécifiquement les garde-côtes, ne parviennent plus à les gérer.

Insouciance algérienne et panique espagnole

«Quelque 150 embarcations de fortune ont été ainsi arraisonnées depuis le début de l’année. Une statistique qui ne tient pas compte des autres navires qui ont échappé aux garde-côtes espagnols. Les migrants plus fortunés, entre autres, se payent le voyage à bord de bateaux ultra-rapides et disparaissent rapidement dans la nature en Espagne» renchérit Les Echos.

Selon les autorités espagnoles , «la situation est devenue incontrôlable en Algérie, où des trafiquants tunisiens participent aux expéditions» vers l’Espagne.

Les États de la rive nord de la Méditerranée peinent à contenir les flux migratoires «irréguliers» en mettant en œuvre des politiques toujours plus restrictives et sécuritaires. En Algérie, l’une des principales mesures mises en œuvre par les autorités a été d’introduire le délit de sortie illégale du territoire dans le code pénal, mais cela n’empêche pas la recrudescence des flux de migrants clandestins qui sont «est le signe de la profonde crise économique et sociale que traverse l’Algérie et le ras-le-bol d’une jeunesse désespérée qui n’a, comme seule alternative, que de quitter le pays». Or faute de pouvoir migrer légalement en Europe, note la même source, «tous les moyens sont utilisés pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée, seule issue pour espérer sortir de la pauvreté pour nombre d’Algériens».

«Face à cette arrivée massive, l’Espagne a fait pression sur les autorités algériennes. Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’était même déplacé l’année dernière à Algérie pour discuter de cet épineux dossier de l’immigration clandestine» précise Les Echos.

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